LA GRÈVE DES MINEURS 459 comme terminée. <21.ielqucs forteresses tiennent encore, Meurchin, Bruay, Lens, Liévin, mais Nœux, Béthune, Marles, Courrières, sont fortement entamés. Dourges, Ostricourt, Carvin ont capitulé. A constater que dans cette même journée du 21, où la répression s'est faite plus brutale qu'elle n'avait jamais été, la Compagnie des mines de Courrières intenta un procès en dix 111ilflreancs Je dommagesintérêts au Réveil du Nord, journal du syndicat, sous prétexte que ce journal l'aurait diffamée et lui aurait porté un préjudice grave en l'accusant de n'avoir pas res'.)ecté les clauses de la convention d'Arras. Ce procès, qui fit croire immédiatement à la chute du Réveil, doit être considéré également comme une manœuvre destinée à décourager les ouvriers et dirigée contre la grève. Pendant la troisième période de la grhe, du 2 3 octobre au 4 novembre, la répression devient de plus en plus brutale. Le 23 octobre, le citoyen Goullé est arrêté pour la seconde fois et sans le moindre motif, à Houdain (compagnie des mines de Bruay). li est con- . duit à Béthune, en voiture, sans menottes, cette fois, et remis immédiatement en liberté après un court interrogatoire. La raison de cette arrestation? Les mineurs de Bruay, admirablement disciplinés, sont toujours à la résistance à outrance. On les a laissés relativement tranquilles jusqu'ici. On va commencer contre eux la campagne de provocations et d'intimidation qui a si bien réussi dans les autres concessions. Le même jour, à Hénin-Liétard (compagnies de Dourges), où la grève semble vouloir reprendre, les boulangers menacent de supprimer le crédit et de refuser Je pain. Le lendemain, dans tme charge de dragons à Billy-Montigny, un enfant de quatre ans est renversé, sur un trottoir, par le cheval d'un sous-officier et blessé à la tête. A Lens-ville, où quelques défections commencent à se produire, notamment parmi les mineurs qui firent campagne pour le concurrent de Basly (le maire de Lens actuel) lors de sa première élection, des charges ont lieu également. Le 2 5 octobre, le délégué à la sécurité des ouvriers de la fosse n° 7 des mines de Lens est révoqué de ses fonctions. Le 27 octobre, survient dans les corons de la fosse n° 4 l'incident des bris de clôtures par autorité supérieure, incident qui donne lieu à la protestation des députés socialistes que nous avons reproduite d'autre part. Le samedi 28 - les gros événements arrivent toujours le samedi. On compte sur eux pour activer la reprise le lundi suivant - la courageuse Paule Minck est arrêtée à Bauvin (concession de Meurchin), où elle était allée donner une conférence, pour avoir dit à un gendarme qui J'empêche de faire sa réunion : « Vous violez la loi. » Ces trois mots lui valent huit jours de prison. Enfin, la dernière semaine de la grève commence par le meurtre de Givenchy-en-Gohelle, dont nous I
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