La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA GRÈVE DES MINEURS ses salons et les s1eges luxueux symétriquement disposés voyez, je m'apprête à recevoir nos amis de Russie, même, faire honneur, je me suis fait tailler la barbe à la russe. » 455 " Vous ·pour leur A Paris, tout le monde était aux Russes, sauf les socialistes ; et des journaux républicains dont lé. devoir eùt été de combattre sans relâche pour les mineurs, sans une protestation, sans même daigner s'apercevoir qu'il y avait quelque part, en France, de malheureux ouvriers à défendre contre les exploiteurs du capital, les laissaient écraser, tailler en pièces par les gendarmes et les soldats. Le goll\·ernement comptait sur cette conspiration du silence pour tenter un mauvais coup. On sait ce qui se passa pendant les journées des 16, 17, et 18 octobre dans les corons de Liévin. L'attitude du gouvernement devait encourager les Compagnies, dans leurs représailles et les pousser aux pires moyens. A Meurchin, le directeur annonce que la caisse de secours est fermée (les caisses de secours sont alimentées par l'argent des ouvriers) et donne l'ordre au pharmacien de la Compagnie dè cesser le service des médicaments. A Lens, à l'instigation de gros commerçants amis de la Compagnie, les boulangers se réunissent et discutent la question de savoir s'il n'y a pas lieu de supprimer tout crédit aux grévistes. ACourrières, les mineurs commerçants des corons (ceux chez lesquels s'approvisionnent les grévistes) sont menacés de voir leurs boutiques fermées .... s'ils ne reprennent pas le travail. A Liévin, les habitations des ouvriers réquisitionnés sont barricadées, et placés sous la surveillance d'un factionnaire qui monte la garde, le fusil chargé, baïonnette au canon, L'entrée en est rigoureusement intedite à toute personne 110n1111111di'e1111permis de circulatio,1 signé du co11111ia11dadn'tarmes. Millerand, accompagné des députés Basly et Baudin se présente devant un coron pour faire Yisite à un mineur. Il ne peut obtenir passage et c'est en vain qu'il se met à la recherche du commandant d'armes dans l'espoir de se procurer un permis de circulation. C'est l'état de siège. Les chemins communaux sont barrés. Les conseillers municipaux, eux-mêmes, ne sont pas autorisés à y circuler. Le télégramme suivant envoyé, le jour même, au ministre de la guerre demeure sans réponse : Lens, 19 octobre 1893. MONSIEUR LE GÉNÉRAL LOIZILLON1 MINISTRE DE LA GUERRE. Monsieur le ministre, Nous avons l'honneur de porter à votre connaissance les faits suivants : Nous nous sommes rendus, ce matin, :iu coron qui avoisine la fosse n• 1 de Liévin, nous désirions nous entretenir avec un mineur, nommé Lebrun, qui connaît M. Basly. En arrivant à la rue oü est située la maison que la Compagnie loüe à cet ouvrier, nous en avons trouvé l'accès fermé par une

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