La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE des crair,tes qui lui donnait l'exécution d'une pareille mesure après les incidents graves dont on venait à peine de sortir, et ne recevant .aucune réponse. refusa de délivrer les réquisitoires. Les ouvriers dont les noms avaient été donnés à la mairie ne se rendirent pas à la fosse. Il leur en coûta à tous un procès-verbal dressé immédiatement par le commissaire de police. Nous laissons aux lecteurs de bonne foi le soin de juger, comme il convient, l'étrange conduite de M. le Préfet ,du Pas-de-Calais. Nous osons affirmer qu'il y avait quelque chose de prémédité et -de voulu. de la part du gouvernement, dans tous les faits que nous venons de rapporter, Non seulement les gendarmes et la troupe avaient la bride sur le cou, mais encore on avait, à n'en pas douter, donné l'ordre aux chefs de se te11ir à la disposition des compagnies. D'ailleurs -ce n'étaient plus les officiers qui commandaient au'< soldats, c'étaient de simples gendarmes ; et les gendarmes obéissaient, eux, aux ingénieurs et aux gardes des compagnies. Nous avons déjà signalé que les grévistes arrêtés étaient conduits dans les bureaux des mines et interrogés en présence des ingénieurs, Nous pourrions citer nombre d'autres faits non moins suggestifs. Il en est un qu'il importe de ne pas passer sous silence. Le q octobre, Millerand qui était venu, la veille. dans le bassin houiller, faisait une démarche au ministère des travaux publics pour entretenir M, Viette, de la situation. Mais M. Viette était absent. Le député de Paris fut reçu par le chef de cabinet du ministre M. Huguet, auprès de qui il in,ista vivement« sur la nécessité d'amener les compagnies à discuter au moins contradictoirement les revendications des ouvriers et à .accepter l'arbitrage. " M. Huguet promit de transmettre au ministre des travaux publics les explications de Millerand. Le ministre des travaux publics en référa au Président du Conseil. Le 17 octobre, Millerand était reçu par M. Dupuy. Il lui replaçait sous les yeux les revendications des mineurs, en insistant sur leur modération et leur justesse. et en faisant remarquer que la prolongation de la grève était due au mauvais vouloir des compagnies. Il ajoutait que cet état de choses pouvait de.venir dangereux pour la défense nationale, si, comme il était facile de le prévoir, les compagnies, au mépris de la loi, épuisaient, pour satisfaire aux commandes de leur clientèle, jusqu'à leur stock de guerre, Il attirait enfin l'attention du président du Conseil sur lc:s excès commis, chaque jour, par la répression " et sur les conséquences graves qui pouvaient s'en suivre. » M. Dupuy répondit à Millerand ,< qu'il ne croyait pouvoir, sous ancune forme, insister près des compagnies pour les faire accepter un arbitrage, et qu'il se bornerait à MAINTENIR LES INSTRUCTIONS DÉJA DONNÉES. >' En accompagnant son visiteur, jusqu'au seuil de son cabinet, il lui dit malicieusement, en lui montrant les fleurs qui emplissaient

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