LA RE\'UE SOCIALISTE cet acte de rébellion, six iours de prison. Quant aux compagnies, elles commencent à faire la grosse Yoix. La compagnie de Marles prévient ses mineurs qu'elle frappera les salaires d' unediminution de I o pour centr si. le lundi 9 octobre. le trav,,il n'a pas été repris dans ses fosses. Et tout cela, pour aboutir, après trois semaines de grève, à ce magnifique résultat : I9ï3 mineurs présents dans les fosses, le lundi 9 octobre, sur 45 .ooo ou\'riers. La grève est à peine entamée - simple constatation qui a sa Yaleur en présence de cette affirmation tant de fois répétée par les ministres et par la presse bourgeoise que les mineurs ne désiraient pas la grève, qu'ils la firent à contre-cœur, et à leur corps défendant. Pendant la deuxième période de la grève, du 9 au 2 3 octobre, l'état de choses que nous venons d'indiquer s'affirme davantage de jour en jour. Les rondes de grévistes deviennent plus nombreuses. Le syndicat multiplie les conférenœs. Les compagnies combattent avec acharnement. La répression se fait plus violente. Nous sommes en pleine batai Ile. Les grévistes de la petite concession de Vendin-lez-Béthune ont capitulé, endoctrinés par leur employeur, M. Bureau; des défections :.issa nombreuses sont signalées dans les compagnies de Carvin, Dour~es. Courrières. où !"arrestation du citoyen Turot a fait naitre un c~rtain découragement. et Marles. La force armée a concentré tous ses c!lort!'- sur es diffàents points. Le 10 octobre, au mépris de la loi, notre confrerc Goullé, de la /11'/i/1• llif1m/Jliqw1 • est arrêté en pleine réunion publi 1uc à Hénin-Liétard, par le commissaire de police ceint de so:1 echarpe. Le soir il est amené à Lens par les gendarmes, les menottes aux poignets, ligoté. tenu en laisse comme un malfaiteur. Apr~s un interrogatoire qui dure plus de deux heures, le procureur de d-:!13.République Silien est obligé de le remettre en liberté. De nouvelles -:harges d~ cavalerie ont lieu partout où les grévistes osent se montrer. notamment dans la concessioP de Drocourt, où le belge Delmiche parait ètre plus particulièrement protégé et défendu par les dragons de la République. L'accès des fosses, contre tout droit, est interdit aux délégués à la sécurité des ouvriers mineurs qu'on met ainsi dans· lïmpl•s,;ihilité de s·:,cquitter de leurs fonctions. De véritables provocations s'organiaent avec le concours de l'.1rnwe. a la l1..:scente des rares non-grévistes. que les soldats, sabre au clair. ou baïonnette au canon, escortent processionnellement à travers les corons, au nez et à la barbe de toute une population irritée. Des ag-ents. à la solde des compagnies, se répandent dans les communes a:-:,ricolcs 3\'eC la mission de circoll\·enir les mineurs-paysans et d'es- ~ay<:r de les tourner contre la greve. On espère avoir plus facilement raison d'eux que des mineurs logés dans les corons et on ne recule deYant au-:un moyen. quelque ignoble soit-il, pour les décider à trahir. I es mcrcenair":,; des co;11p:ignics racontent dans les cabarets, que le
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