LA GRÈVE DES MINEURS 441 tains que le chômage ne se produira pas, nous rebroussons chemin, bredouilles, mais heureux de notre agréable excursion. A Anzin, on nous affirme que les descentes sont complètes partout. On craignait beaucoup, nous l'avons dit, pour ce matin. Maintenant l'opinion à peu près générale, est que le chômage n'aura pas lieu. « De forts « piquets gardent toutes les fosses, excepté celles qui se trouvent tout à fait à « l'intérieur de la concession»; il y a ici du 1" du ligne, du 127• et du 84• et cinq escadrons de cavalerie, dont deux du 19• chasseurs de Lille el trois du 4• cuirassic:rs, sans compter les dragons qui vont arriver. « La cavalerie fait des patrouilles volantes au loin » ; la gendarmerie venue de partout et même de Seine-et-Marne, placée sous les ordres de M. le capitaine Hayez, de Valenciennes, circule aux environs des fosses et comme nous avons pu en juger par ce qui nous est arrivé, elle fait son service en règle. Le 19• chasseurs est commandé par M. le colonel de Benoist lui-même. Le général de Chauvenet commandant la 1 •• brigade d'infanterie, a la direction de toutes les troupes du b:issin et il a établi son quartier gènéral à Valenciennes, où il loge à l' Hôtel dtt Co111111~rcc. On a beaucoup parlé de grévistes du Pas-de-Calais venus dans le Nord pour fomenter la grëve. Ici, des personnes en situation de connaître exactement ce qui se passe nous ont affirmé qu'il n'en était arrivé que quatre ou cinq cents, parmi lesquels beaucoup de mineurs souffrant de la grève et accourns auprès de leurs parents d' Anzin pour ne pas être compromis dans les bagarres qui peuvent se produire là-bas. On peut juger par ce récit de l'importance des mesures données pale gouvernement. M. Casimir-Périer et les riches actionnaires d' Anzin ont été traités par le gouvernement de la République comme des princes qu'ils sont - les princes du capital de nos jours toutpuissant. Donc, Anzin ne fut pas pris, les grévistes n'ayant même pas cherché à le prendre, Anzin ne bougea pas. C'était la grève condamnée à un échec certain. Dès le lundi 25 septembre un grand nombre de mineurs de Douchy retournaient au travail. Le lundi 26 la grève était terminée dans cette compagnie. Quelques jours plus tard elle pre11ait fin également dans la compagnie d' Azincourt. A partir de ce moment les mineurs d' Aniche et de l'Escarpelle eurent à subir, comme leurs camarades du Pas-de-Calais, l'assaut presque continuel des porions et des gendarmes. Peu à peu, découragés, effrayés par les menaces qui leur étaient faites, ils regagnèrent les fosses par petits paquets. Le 25 octobre on travaillait au complet à Aniche, et le 2 novembre les grévistes de l'Escarpelle réunis sous la présidence du citoyen Herman, leur secrétaire général, votaient la reprise du travail à une faible majorité, Dans le Nord comme dans le Pas-de-Calais, les Compagnies exercèrent d'atroces représailles, et firent de nombreuses victimes. Les engagements pris entre eux par les représentants des sociétés hou il-
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