LA GRÈVE DES MINEURS -depuis 1884, il n'existe plus trace d'association ouvrière. Dans les districts où le syndicat fonctionne, les sections sont moins groupées, moins disciplinées que celles du Pas-de-Calais, exception faite toutefois pour les mineurs de l'Escarpelle qui marchent, eux, solidement unis derrière leur secrétaire général, le citoyen Herman. De plus, la .question de la g1:ève a été moins agitée, et ce n'est que la veille, le 17 septembre, que le congrès des délégués, réuni à Sin-le-Noble, a décidé de faire cause commune avec les mineurs du Pas-de-Calais. Dans ces conditions, il n'y avait pas lieu de s'attendre à un ch6mage général, d'autant que les sections de Douchy ne parai.ssaient pas dis posées à entrer délibérément dans le mouvement. Et puis on s'inquiète un peu partout de ce que fera Anzin. Des bruits courent que la grève va éclater comme un coup de tonnerre dans ce fief houiller, mais beaucoup sont incrédules et veulent attendre les évènements avant d'entrer dans la bagarre. On marchera si Anzin marche. Telles sont les dispositions d'un grand nombre de mineurs, notamment dans la compagnie de Douchy, petite concession voisine de la compagnie d'Anzin. Un refereudum organisé, à Lourches, le dimanche 17 septembre, avait donné les résultats suivants; pour la grève 338 voix; contre 458. Il est vrai qu'à la porte de la salle de vote, on distribuait aux ouvriers la circulaire ci-dessous: Ouvriers mineurs de la Comp:ignie de Douchy, Dans une réunion tenue hier soir :iu s:ilon Dumont, après m'avoir entendu vous avez voté par mains levées la conciliation. Aujourd'hui à quatre heures, vous êtes appelés à voter pour ou contre 1:i grève. Je viens vous inviter à voter contre la grève, afin que les membres du conseil d'administration du syndicat Jes mineurs de la Compagnie de Douchy puissent porter 'au directeur de la •Cornpagnie vos jus tes revendications. Je vous promets de me joindre aux membres du syndicat, d'appuyer et de défendre vos justes revendications. Les promesses qui vous seraient faites dtvant le juge de paix, on serait obligé de les exécuter. Vous venez souvent me consulter; aujourd'hui, avant de mettre la misère à vot~e foyer, il faut suivre mes conseils. Neuville-sur-Escault, 17 septembre 1893. Le juge de paix de Bouchain, CANO~NE. Cette intervention du juge de paix ne fut pas sans in0uencer le vote et c'est à elle qu'il faut attribuer la décision prise par les mineurs d'envoyer le surlendemain une délégation auprès du directeur de la compagnie afin de lui soumettre à nouvelu et de vive voix les revendications ouvrières. Le 18 septembre, comme on devait s'y attendre, le chômage
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