La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

\ LA REVUE SOCIALISTE dans le Nord, n'est que partiel. A l'Escarpelle, la grève est générale: la compagnie accuse 37 descentes sur 1700 ouvriers. A Aniche, il y a 637 mineurs au travail sur 2100. A Azincourtoncompte400 chômeurs sur 430 ouvriers. A Douchy, on travaille au complet. Anzin n'a pas bougé, et, pendant toute la semaine, dans le Pasde-Calais comme dans le Nord, Anzin va occuper les esprits, attirer tous les regards. Qu'Anzin se lève en masse et la bataille sera si formidablement engagée du côté des travailleurs que la défaite des compagnies se trouvera d'avance certaine. Le gouvernement prévoit le danger et tout en envoyant des soldats en nombre respectable dans les centres en grève. il fait organi~er, dès le dimanche 17 septembre, un service de patrouilles, sur la limite de la concession d' Anzin, par des troupes qui, par 7Jasa,d, se trouvaient exécuter des manœuvres dans la direction d'Orchies et de Somain. Ces troupes ne vont pas tarder à ètre renforcées et, pendant toute la durée de la grève, elles occuperont militairement toutes les routes qui aboutissent à la concession d' Anzin exerçant nuit et jour sur la campagne et sur les moindres bouquets d'arbres une surveillance de tous les instants. Il n'y a pas un gréviste à Anzin, mais il faut,coüte que coûte empêcher un mouvement en masse des mineurs du Pas-de-Calais sur la « Bastille du Nord" (c'est ainsi que les mineurs appellent la compagnie d'Anzin) ou seulement leur infiltration à travers les communes dépendant de la concession houillère. Le 19 septembre, le chômage est complet à l'Escarpelle et Azincourt. La compagrne d' Aniche accuse 1465 grévistes sur 1950 ouvriers. ALourches (compagnie de Douchy), à la suite d'une conférence organisée par le citoyen Moché, secrétaire général des mineurs du Nord, la grève est votée, à l'unanimité, par mains levées, pour le lendemain. 11se produisit, dans cette journée du 19, un incident qui mérite d'être relaté. Des mineurs de Somain, travaillant à Aniche, ayant suivi drapeau en tète en les huant, quelques« faux-frères» de leur compagnie qui rentraient de la mine, s'avancèrent, sans penser à mal, dans la direction dela fosse Casimir Perier (de la compagnie d' Anzin), laquelle fosse est proche de Somain. La garnison de Casimir-Périer, en apercevant cette troupe de manifestants (une vingtaine d'hommes tout au plus) s'imagina avoir affaire à l'av:rnt-garde de la formidable armée gréviste annoncée depuis deux jours. Sans perdre une minute, elle organisa la déf~nse, plaça ses fantassins et lança sa cavalerie contre les assaillants supposés. Celle-ci chargea avec rage. Un mineur fut foulé aux pieds des chevaux et six arrrstations furent opérées. On peut juger d'après cela des précautions prises par le gouvernement pour mettre la concession d' Anzin à l'abri d'un mouvement offensif des grévistes. Le 20 de nouvelles troupes arrivent. Les fosses des divisions de

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