... LA REVUE SOCIALISTE revient, le salaire entre 7JOurune quote-part importante, et dès que l~s affaires vont mal, le salaire est atteint. Les Compagnies, en invoquant les nécessités de la concurrence pour justifier l'excès de leur production, conviennent clone que le remède à la situation serait une entente entre elles, qui limiterait l'extraction. Cette entente est, paraît-il. très difficile it réaliser clans le Nord et le Pas-de-Calais • Les industries des produits chimiques, du zinc, du pétrole se ruinaient avant cl'ètre syndiquées, elle vivent très honorablement depuis qu'elles ont limité la production aux besoins de la consommation. Les houillères attendront• elles d'avoir perdu de l'argent pendant plusieurs années avant d'adopter la même combinaison, ou bien profiteront-elles de l'expérience chèrement payée par les autres industries? Là est toute la question. Mais cette question a une importance énorme pour les ouvriers. Les mineurs ont obtenu, depuis 1889, des augmentations de salaires qui représentent 20 o/o; ces augmentations leur ont été accordées gràce au relèvement des prix du charbon, rnais on se rapproche desprix de vente de 1889, les plus bas qui aient éte praliqilés depuis 23 ans, et l'on tend à ramener les salaires au taux de 1888. Il va de soi que les ouvriers mineurs ne laisseront pas, sans tenter une résistance, perdre les 20 o/o d'augmentation qu'ils ont obtenus; ils craindront même et avec raison que les salaires ne descendent au-dessous du taux de 1888, si la baisse des prix s'accentue davantage. Nous allons clone entrer dans l'ère des :igitations, des résistances, des grèves peut-être, des à-coups clans la production et le prix de vente, aussi nuisibles aux Comp:ignies et aux ouvrier 5 qu'aux consommateurs eux-mêmes, qui ne sauront plus sur quels prix ils peuvent compter. Tout cela aurait pu être évité par une entente des producteurs. Il est absurde que pendant une période d'avilissement des cot11s, l'extraction ait considérablement augmenté comme cela s'est produit l'année clerni~re ! Va-t-on continuer ce déplorable système, mainten::mt qu'on est tombé aux plus bas p1·i.r? Si oui, les Comprignies Je mines encourront une grosse responsabilité, car elles pourront être accusées de n'avoir pas pris les mesures nécessaires pour sauvegarder les intérèts de leur actionnaires et d'aroil', en mème temps, sacrifié les intérêts de le'llrs ouvriers, qili •i;eulent, et arant tout, gagner un salaire raisonnable. Les affirmations de M. Dubar sont précises : Les salaires ont été atteinls, écrit-il, parce que, par suite d'une surproduction excessive déterminée par la concurrence des Compagnies entre elles, les prix de vente des charbons ont faibli et sont rapprochés des prix de 1888, les plus bas qui aient été pratiqués depuis vingt-cinq ans. Et M. Dubar ajoute : « de sorte que l'on tend à ramener les salaires au taux de 1888. )► L'aveu est bon à retenir. Nous avons dit précédemment que depuis un an, environ, les mineurs se plaignaient d'une diminution constante des salaires, telle qu'ils ne pouvaient plus gagner leur journée habituelle
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