.. LA GRÈVE DES MINEURS 39' qii'en faisant des heul'essupplémentaires. A ces plaintes, les Compagnies, pendant plus de dix mois, ont invariablement répondu : « les salaires sont restés les mêmes; nous nous en tenons toujours au taux moyen fixé d'un commun accord, à Arras. » • Mais la moyenne admise par le conseil d'arbitrage d'Arras était celle des douze mois de l'année 1889, et M. Dubar qui doit ètre renseigné, a écrit que l'on tendait à ramener les salaires au taux de 1888, c'est-à-dire aux salaires de famine qui furent cause de la grande grève de 1889. Les déclarations de M. Dubar sont donc en faveur des ouvriers. Elles nous autorisent à penser que leurs plaintes étaient absolument motivées et que la mauvaise foi se trouvait du côté des Compagnies. Les Compagnies, il est vrai, offrent leur comptabilité; elles se déclarent prêtes à prouver, livres en main, que le taux moyen des salaires n'a pas sensible~ent varié dans l'année qui a précédé la grève. Mais outre que la comptabilité des Compagnies ne peut constituer un document indiscutable, il resterait à démontrer que pendant ce laps de temps, les mineurs ont continué à nP trarailler que huit heurespar jour. Qµant à nous, nous affirmons avoir rencontré, au cours de l'enquête que nous avons faite sur la grève. de nombreux ouvriers qui nous ont formellement déclaré avoir été obligés de faire pendant les mois de juin, juillet et août derniers, desjournées deon:e et I rei:e heurespour ga{lnerte 111êmsealairequ'en jnnvier alol's qti'il ne r /'/maillaientque huit â neuf heures. Ce seul fait, s'il est exact - et il doit l'être - rendait légitimes les réclamations des ouvriers et justifiait amplement leurs revendicarevendications en ce qui concerne le minimum de salaire, l'invariabilité du prix de tàche et la production par les Compagnies, comme moyen de contrôle, du double du carnet de paye. Dans son article, M. Dubar parle de surproduction. Les Compagnies houillères devaient donc avoir des stocks sur le carreau des fosses. De là la dépréciation du charbon. Or, quel meilleur moyen pour se débarrasser des stocks - et à bon compte - qu'une grève? L'intérêt des Compagnies était donc de faire éclater la grève. Ce point étant acquis, est-il excessif de penser qu'elles aient fait tous leurs efforts pour mécontenter leurs ouvriers et les acculer au chômage? li est évident que les choses ont dû se passer ainsi, de sorte que le gouvernement a été deux fois coupable en n'intervenant pas, puisqu'il a permis aux patrons de battre monnaie sur le dos des mineurs et d'exploiter indignement au profit de leurs actionnaires la misère de plus de cinquante mille travailleurs. Mais les Compagnies houillères ont réponse à tout. Si on leur parle de surproduction, elles répliquent en publiant dans un journal à leur dévotion l'état de leurs carreaux, et il se trouve que les approvisionnements sont relativement faibles, qu'il n'y a que des stocks insi-
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