LA REVUE SOCIALISTt:; les mineurs, d'un bout à l'autre du pays houiller. Elle est la réponse la plus nette aux articulations erronées et de mauvaise foi que le ministre Jonnart n'a pas craint d'apporter à la tribune de la Chambre, et que tous les journaux de Gouvernement ont colportée comme paroles d'évangile. Et afin qu'on ne puisse pas suspecter notre sincérité et nous accuser de parti-pris nous reproduisons ci-après deux télégrammes de l'envoyé spécial du journal conservateur La Dépecbe, publiés dans les numéros de ce journal, portant les dates des 20 et 21 septembre r893 : LENS,le 18 septembre. La grève est générale d:ms le bassin houiller du Pas-de-Calais. Ce matin, avL'c u11e discipl111e surprc11a11t,·, 42.000 HOMMES, obéissant à un même mot d'ordre, ont brusquement cessé le travail. Partout le mouvement a été unanime. Dans les .:.:ompagnies où l'on était peu sympathique 11 la grève et dont les délégués avaient voté contre au dernier congrès de Lens, 011a111archém1ec fr 111h11e e11trai11. . Les bassins de Marles, Carvin, Dourges, où, pour des motifs divers, on pouvait croire qu'il y aurait quelque hésitation, n'ont pas 111011trémoi11s d'e11t1'ain que les autres. C'est un spectacle curieux que celui de cette docilité aveugle, absolue, de plus de 40.000 hommes obeissant avec 1111peo11ctualilé scrnpulcuse aux lnstructlo11s dts dlr,:cteurs d.: leur syndicat. Il y a là un indice de la puissance des org:misations ouvrières que cette fin de siècle a fait surgir, et de l'élément nouveau qn'elles apporteront dans l'ordre social. Le bassin du Pas-de-Calais comprend actuellement 44.588 ouvriers, tant travailleurs du jour que travailleurs à la veine, répartis entre quatorze concessions; les chiffres officiels des présents au travail sont de 762 hommes aux mines de Ferfay et 55 aux mines de Courrières. Ajoutez qu'aux fosses de l'Escarpelle, qui font partie du bassin du Nord et voisinent avec le Pas-de-Calais, le <.:hômage aussi est complet. LENs, le 19 septembre. 11sc:rait puéril d'essayer d'amoindrir l'importance de la journée d'hier. Elle a été, pour le Syndicat des mineurs du Pas-de-Calais, une journée de triomphe, l'affirmation de sa puissance. la preuve incontestable de la cohésion qui soude entre eux les divers groupes de ce syndicat et qui les fait agir, avec la régularité d'une armée bien entraînée, aux moindres signes des chefs. Je sais bien que ce signe, les chefs ne l'ont donné que parce qu'ils étaimt débordes par leurs troupes, que parce que, depuis six mois, on leur demande la grève avec instance dans toutes les Compagnies ; mais encore, faut-il noter que partout on ne la demandait pas avec la même ardeur, et, par contre, qu'il y avait partout des ouvriers qui ne la désiraient pas, même parmi les syndiques. Dans un des derniers congrès de Lens, on avouait qu'il restait encore un cinquième des mineurs, soit plus de 8.000 qui ne sont pas affiliés au Syndicat.
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