LA GRÈVE DES MINEURS LAGRÈVEDESMINEURS DU NORD ET DU PAS-DE-CALAIS V Nous avons dit que le Congrès des délégués des sections syndicales du Pas-de-Calais, réuni, à Lens, le jeudi 14 septembre, avait fixé au lundi 18 septembre l'ouverture de la grève. Les délégués aYaient été chargés d'inviter les sections à se conformer strictement à la décision du Congrès et à prendre le travail, comme d'habitude, pendant les journées des vendredi et samedi 15 et 16 septembre. Toutes les sections sauf une, la section de la fosse n° 8 de la Compagnie de Lens (territoire de Vendin-le-Vieil), obéirent scrupuleusement au mot d'ordre reçu. A la fosse no 8 de Lens, 504 ouvriers du fond sur 529 chomèrent dès le samedi matin 16 septembre, entrainant avec eux tous les ouvriers du jour. Il n'y eût pas à constater d'autre infraction à 1a discipline dans toute l'étendue du bassin houiller. Le fa:t, étant donnés le tempérament des mineurs, leur impatience, et leur ardeur à la lutte quand une fois le vent de grève a soufflé sur les corons, parut tellement extraordinaire aux Compagnies qu'elles s'empressèrent de faire annoncer par leurs journaux que les ouvriers n'étaient pas résolus à cesser le travail et que le syndicat ne serait pae suivi. De là est née cette légende amoureusement entretenue, depuis, par la presse bourgeoise et présentée, à la Chambre, comme une vérité éclatante, par M. Jonnart, ministre des travaux publics: que les mineurs ne voulaient pas la grève et qu'ils la firent à contre-cœur dans la crainte d'indisposer leurs chefs et sous la pression despotique du syndicat, Rien n'est plus faux. Et la preuve, c'est que le lundi 18 septembre, jour fixé par le Congrès des délégués des sections, les fosses étaient désertées dans toute l'étendue du bassin houiller à la grande stupéfaction des ingénieurs. Quarante-deux mille ouvriers étaient en grève. Nous insistons sur cette merveilleuse entente dont firent preuve
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