LA CRISEVITICOLEDEVANTLE PARLEMENT Est-ce que, dans le Parlement, on ne considère pas la suppression du privilège des bouilleurs de cru comme une atteinte au droit de propriété? Ah! certes, en matière vinicole, on peµt répéter sans parti-pris de paradoxe, la d~finition fameuse de Proudhon : la propriété, c'est le vol. M. Surchamp, député de la Gironde, est venu apporter à la tribune un paquet de témoignages pour établir comment, sous le régime social actuel, chacun comprend d'ordinaire le droit de qisposèr de la chose qui lui app:utient sans en faire un usage prohibé par les lois! Elles sont bien bonnes, ces histoires de M. Surchamp sur l'entente des viticulteurs et des négociants pour l'expédition et la livraison des vins blancs fabriqués avec de l'eau et du sucre! Le commerce achète le verjus imbuvable et qui ne peut pas être consommé, pourvu que le viticulteur consente à dénaturer au profit du négociant une certaine quantité de sucre. Et comme M. Jourde disait à M. Surchamp : - De quel commerce parlez-vous? - Du commerce du « macadam » généralisé dans toute la France, réplique aussitôt M. Emile Brousse; on en fait partout. Q\.1ed'aveux à retenir pour justifier l'action des socialistes militants! M. Surchamp a cité l'exemple d'un propriétaire du Libournais qui n'a pu vendre sa récolte, parce qu'il avait refusé de dénaturer au profit de l'acheteur 8,000 kilogrammes de sucre, « c'est-à-dire 320 barriques d'eau et de sucre, soit un sirop avec lequel le négociant aurait.pu dans son chai- Ah! messieurs, je me trompe, ajoute vite le député- dans son officine, manipuler à plaisir ce liquide et en faire cette matière frelatée qu'on livre ensuite à la consommation. » M. Surchamp a rendu hommage au génie inventif des producteurs et des négociants en vins doux-dits de Bergerac, qui ont trouvé le moyen de vendre des vins liquoreux de ce genre, « alors que la vigne qui les produisait n'existait plus~•. On aurait pu en dire autant des vins de Banyuls, de Frontignan et de tous les vins qui jouissent d'une marque; ce ne sont pas toujours les plus mauvais. La ville de Cognac n'est-elle pas jalouse de la marque d'eau-de-vie qui couvre maintes fois d'un pavillon national l'importation des infects trois-six d'Allemagne ? Car, c'est dans le trafic des fausses marques que le succès de la fraude et de la falsification s'affirme avec éclat! Ne nous lassons pas de citer le: journal Officiel. Nul ouvrage socialiste ne pourrait avec plus de force faire le procès de la société individualiste. « M. SuRCHAMP-. ... Je parlais, il y a un instant, de la fabrica-
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