La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA CRISE VITICOLE DEVANT LE PARLEMENT répression des pratiques frauduleuses, la fraude et la falsification des vins et des autres boissons ne seront pas arrêtées un seul instant et continueront de triompher avec impudence. La fraude et la falsification sont les produits naturels du régime anarchique institué par l'abus des grandes propriétés personnelles et par l'antagonisme 'du Capital et du Travail. Qpand on plante et que l'on greffe avec soin des rosiers, il serait puéril de compter sur une floraison de tulipes. La fraude et la falsification sont au régime social actuel ce que les roses sont aux rosiers et les tulipes aux tulipiers. Ne blâmons pas les hommes; ils sont tout bonnement ce que les institutions et les milieux dans lesquels ils vivent leur permettent d'être sans surhumaine duperie. Ce sont les institutions, ce sont les milieux qu'il faut par conséquent changer. Pour les viticulteurs réduits aujourd'hui au désespoir, . comme pour tous les autres travailleurs dont l'existence est martyrisée par la souffrance du jour et l'angoisse du lendemain, il n'y a qu'une voie qui conduise à la délivrance : le socialisme. Hors du socialisme, on ne trouvera que. des palliatifs décevants et que des mesures impuissantes. XX LE TRIOMPI-IE DES FRAUDES L'erreur, la grande erreur des populations ruinées des départements viticoles, c'est de prêter l'oreille aux endormeurs d'inspiration gouvernementale qui ne cessent pas de répéter : « Ne mettez pas de la politique dans i'affaire; la politique n'a rien à voir dans la question complexe de la mévente des vins. » Devant cette unanimité d'appréciations officielles, les salariés sans ouvrage et sans pain ne s'aperçoivent pas que leurs intérêts de classe déshéritée ne doivent jamais se confondre avec les embarras pécuniaires de la classe possédante. Les travailleurs agricoles ne doivent rien attendre de ministres, de préfets et d'élus préfectoraux et ministériels dont tous les actes et tous les efforts ont pour unique but le maintien des privilège~ de la richesse oisive. Qµel fond inépuisable de naïveté gardent dans leur cœur les mil- • liers et les milliers de pauvres qui s'imaginent que' le gouvernément et le Parlement s'inquiètent de leur sort dans les scènes de pure comédie qui se jouent à propos de la crise viticole! De toutes les propositions de lois déposées pour soulager les. souffrances des travailleurs de la vigne, il n'y a que le projet relatif à la /

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