LA REVUE SOCIALISTE observations sur les causes et les conséquences de la mévente du vin. La diversité des opinions justifiée par l'antagonisme des intérêts suffira largement pour faire avorter tous les projets législatifs qui se proposent de ranimer le marché des vins de France. Dans le cas improbable où les projets de loi tendant à régler la piraterie du monde commercial aboutiraient législativement, c'est l'application administrative qui ferait alors faillite. Ah! les prophètes de malheur n'ont pas manqué de prédire à coup sûr la vérité aux propositions de tendance folle qui s'imaginent pouvoir porter atteinte aux principes sacro-saints de la falsification et de la fraude, principes vitaux d'une sociétf fondée sur Je droit aux abus de la possession individuelle des choses, que les choses soient faites pour l'usage d'un seul ou l'usage de tous. M. Marty, ministre du commerce, de l'industrie et des colonies, brave homme s'il en füt, a promis naïvement d"empêcher Je mouillage et d'arrêter la mise en vente des vins additionnés d'eau. Il .-.ous tarde de voir ça. En dehors des réformes dont le socialisme poursuit la réalisation, en dehors de l'installation de bazars communaux pour tous les objets d'alimentation publique, par quels moyens de contrôle et de surveillance sera-t-il possible d'empêcher la sophistication frauduleuse des boissons chez le producteur? pendant la circulation des produits? et surtout pendant les manipulations des innombrables intermédiaires familiarisés depuis si longtemps avec les prodiges miraculeux des noces de Cana? G.!-ies'est-il passé à propos des lois présentées par M. Griffe, sénateur, pour la répression des fraudes pratiquées sur les vins et les boissons hygiéniques? M. Salis, député de Cette, a rappelé devant la Chambre les boutades répressives du parquet de la Seine contre les fraudeurs et les falsificateurs parisiens. Après les excès de zèle de la première heure, le parquet a us~ de bienveillance, puis de tolérance, et a fini par se déclarer impuissant. Et avant M. Salis, M. Brousse, député de Perpignan, avait déjà fait avouer l'impuissance de l'administration. S'adressant à M. le commissaire du gouvernement, M. Brousse avait dit : - Avouez-le, vous êtes impuissant à faire observer la loi. Au milieu des rires de la Chambre, un membre à gauche s'écrie : - N'avouez jamais celai Et ~- Catusse, directeur général des contributions indirectes, déclare sans hésiter devant le Parlement : l - C'est la loi qui est impuissante! Que les viticulteurs du Midi et d'ailleurs n'en doutent pas : l'appui du gouvernement aura beau faire voter les lois proposées pour la
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