LA CRISE VITICOLE DEYANT LE PARLEMENT 411 - A l'unanimité, répétait encore un écho moqueur venant d'une travée de droite au-dessus de laquelle errait l'ombre chantante de M. de La Palisse. M. Jourde, impitoyablement courtois pour ses adversaires, ajoutait sans la moindre intention de malice : - « Nou~ sommes bien près de nous entendre ... Il paraît que jusqu'ici la fraude était permise en France; nous venons de décider que désormais elle sera interdite (On rit). C'est extraordinaire, mais c'est ainsi. Il est donc bi~n entendu que la fraude sera désormais poursuivie. Nous sommes tous d'accord sur ce point. » Ce dernier propos est tiré mot par mot, syllab.:! par syllabe, des colonnes du JoUJ·nalofffeciel. On n'invente pas une critique aussi mordante des résolutions .législatives qui doivent rester dépourvues de sanction. XIX LES PROPOSITIONS DE LOI PREPARÉES AVEC LE CONCOURS DU GOUVERNEMENT Notre pensée serait trahie si l'on nous supposait animé d'un esprit de critique acerbe contre ce qui a été fait à la Chambre par les re;:résentants des régions viticoles du Midi. Quelle que soit la couleur de leur drapeau électoral, ils se croient tous très habiles de rester en, parfaite communion d'idées sur le terrain des intérêts matériels dont ils ont la garde. Qu'ils s'intitulent conservateurs, républicains de gouvernement, républicains-radicaux et même radicaux-socialistes, les députés du Midi paraissent avoir une conception uniforme de la crise viticole; ils étudient le phénomène économique d'après les mêmes préjugés d'un incurable individualisme. Et la preuve évidente de cette conception uniforme, c'est que nul n'a osé témoigner contre les imprudences commises par les calculs égoïstes de la propriété individuelle, c'est-à-dire par le manque d'organisation prévoyante dans la production vinicole. De bonne foi, ils proposent divers palliatifs, ils cherchent des remèdes efficaces; mais ils éprouvent tous une égale répulsion vis-à-vis des méthodes que le socialisme appliquera bientôt pour organiser le travail des hommes en vue d'une meilleure· administration des choses. lis veulent tous obtenir le concours du gouvernement, qui revêt à leurs yeux un caractère de neutralité politique parfaite. L'idée d'une organisation sociale différente de celle qui produit fatalement les ruine~ et les misères dont ils ont fait, d'ailleurs, avec une sincérité d'émotion indéniable, le pqig11ant tableau, n'est même pas venue à un seul représentant des populations en détres.~e.
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