LA CONJONCTURE CAPITALISTE justice et de bonheur, doit être basée sur le libre jeu des intérêts personnnels et sur' la possession individuelle du capital ; il faut laisser opérer la spontanéité de l'homme. li s'établit de cette façon entre les facteurs sociaux un équilibre stable et une harmonie complète; il y a échange intéressé de services. Capital et travail, production et consommation se trouve1Ù placés dans une dépendance réciproque et fraternelle. La production est réglée d'une manière naturelle et inconsciente par l'offre et la demande de marchandises. Elle n'est jamais ni trop grande, ni trop petite, mais répond à l'ensemble des besoins. La libre concurrence soustrait les travailleurs au joug du capital; l'ouvrier et le capitaliste deviennent deux associés, s'alliant par un contrat libre en vue d'une œuvre commune et ne pouvant se passer de leurs services mutuels. Lorsque l'un des contractants se croit lésé par l'autre, il peut lui refuser ses services et l'obliger par sa force d'inertie à donner satisfaction à ses légitimes re~endication·s. Les salaires se maintiennent naturellement à un niveau convenable et procurent toujours à l'ouvrier les moyens de subvenir à son existence, à celle de sa famille et à la reproduction de sa race; de la lutte pour la vie résulte que le nombre des ouvriers n'est jamais beaucoup au dessus ou en dessous des nécessités de la production. Les marchandises enfin, grâce à la concurrence entre capitalistes, se vendent bon marché; les consommateurs sont garantis contre les exactions d.é!sproducteurs qui ne peuvent faire des bénéfices exorbitants. E·n résumé, grâce à la concurrence entre travailleurs, entre capitalistes et respectivement entre ces deux classes, la soci~té repose sur une base solide; le fonctionnement des éléments économiques s'opère spontanément et sans secousses : la production est réglée exactement, le travail rémunéré convenablement et le capital réalise des bénéfices modiques. li régne une entente merveilleuses entre les facteurs économiques; la société respire normalement et vit dans une harmonie parfaite. Oh ! le beau rêve, la radieuse idylle ! Les perspectives ébauchées par les économistes classiques -comme je viens de le faire - n'étaient pas moins éblouissantes de la lumière d'un soleil de paix et de bienêtre, que celles que nous décrivent les apôtres des religions pour la vie d'outretombe. La vérité, quelle fut-elle, quelle est-elle? Moins d'un demi siècle après la rédaction de cette charte paradisiaque, le socialisme va surgir, sous sa forme utopique, idéaliste, comme expression théorique des sombres réalités que charria le régime Manchestérien. St-Simon, Fourier, Cabet, Leroux apparaissent et formulent leur plan de rénovation sociale. Peu à peu le socialisme entre en contact avec la science. Enfin, , Karl Marx et Fréd. Engels dressent les cahiers du prolétariat et assayent les théories révolutionnaires sur le roc inébranlable des constatations
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==