LA CONJONCTURE CAPITALISTE tout évolue. » Ce mouvement est aussi naturel et successif. Naturel : c'est-à-dire que contraireme~t à l'opinion de !'Économie Smithienne, il n'y a pas eu d'erreur de la part des peuples. Les conjonctures historiques antérieures concordaient exactement avec les éléments du fond social. Elles on~ été, donc elles devaient être : point d"effet sans cause et les mêmes causes se reproduisant dans des conditions analogues, les mêmes effets se réaliseront. Successif : c'est-à-dire qu'il y a une filiation :légitime entre les différents régimes qui se sont suivis. L'un procrée l'autre; le suivant nait du précédent. C'est. vous le voyez, l'application aux sociétés, aux conjonctures, - c'est-à-dire aux périodes historiques à:caractères distincts - de la théorie de Lamarck, de Geoffroy de St-Hilaire, de Darwin. De même que lescspèces animales n'ont pas été créées telles quelles par le Créateur, de même qu'elles dérivent par voie de transformation des espèces antécédentes et forment donc une échelle, une série dont les différentes unités sont le développement et le perfectionnement de celles qui les précèdent, de même les sociétés modernes, les espèces historiques résultent des sociétés antérieures, sont le produit nécessaire des conjonctures précédentes. En relation directe avec l'idée évolutionniste se trouve l'idée du relativisme. Si l'absolu et l'éternel sont bannis par le mouvement des domaines animal et social, on doit immédiatement y introduire la notion du relatif. Relatif ici au point de vue du lieu, ou plus exactement, des conditions du mode de production, pour parler le langage Marxiste ; relatif au point de vue du temps, de la durée. C'est cette dernière idée - le relativisme de la durée- qu'on exprime par le terme contingence, opposé au perpétualisme des lois Smithiennes. Lamarck, Darwin, etc., ont incorporé dans la science ces principes essentiels ; ils en firent usage au point de vue de la zoologie et de la botanique. Dans cette même voie s'engagea bientôt la géologie avec • Lyell et Farbes, etc.A Savigny revient l'honneur d'avoir fait pénétrer la méthode évolutionniste dans les scie_nces, dites morales et plus spécialement dans le droit. Roscher l'appliqua à l'Économie politique. Enfin parut Marx qui en fit la méthode de la science sociale,surtoutde l'histoire et de !'Économie politique. A l'heure présente, elle s'appelle aussi couramment la méthode historique, tellement il est devenu certain pour chacun que les sociétés sont soumises aux lois -· relatives dans le temps - du mouvement. Les lois historiques-sortes de bouées impérieusement indicatrices des courants sociaux - sont naturelles, c'est-à-dire indépendantes de •la volonté des. hommes. Mais celles qu'a formulées !'Économie politique classique, en partant de sa méthode surtout déductive, loin d'être . éternelles et invariables, ne sont qu'adéquates à une conjoncture déterminée, à ce·qu'on appelle encore une catégorie historique. C'estlà en effet, la conclusion pratique qui se dégage de la conceptioµ histo-
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