La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

386 LA REVUE SOCIALISTE LA CONJONCTURCEAPITALISTE ou LA FIN D'UN RÉGIME ET D'UNE DOCTRINE Ces derniers cent cinquante ans ont vu éclore deux grandes doctrines so..:iales : L'Économie politique, dite classique ou orthodoxe ou Manchestérienne et le Socialisme historique. Elles diffèrent dans leurs conclusions : la première aboutit au régime du laisser-faire, laisser-passer, au manchestérianisme; la seconde réclame une production et une propriété socialement organisées. - Sous un autre aspect encore, un aspect essentiel, ces deux théories sont le contrepied l'une de l'autre : je veux parler de la conception fondamentale de la vie des peuples. en d'autres termes, de l'histoire économique. D'après !'Économie politique classique - qui est théoriquement l'œuvre des Physiocrates, d'Adam Smith, de Ricardo, de Malthus, de J.-B. Say. etc., - la société est soumise à des lois absolues, éternelles, immuables. L'ordre social est invariable et inconscient; il n'existe pas de dynamique. - Ces lois sont celles de la liberté économique. Jusqu'avant 1789, l'humanité avait fait fausse route, mais depuis lors, elle était rentrée dans la bonne voie. - Ces lois, comme les lois physiques, sont absolues, universelles, c'est-à-dire qu'elles s'appliquent à tous les temps, à tous les peuples, à toutes les civilisations. L'école historique, au contraire, est l'école du relatif, de la contingence. Les principes essentiels de cette doctrine sont révolutionnisme et le relativisme. L'évolutionnisme. C'est la théorie du transformisme naturel apphquée aux sociétés. Elle proclame le mouvement perpétuel comme loi primordiale. Pas d'absolu, donc.« Tout passe, tout se meut, tout s'écoule,

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