REVUE DES LINRES telle; « elle l'est en son ~tre, en sa personne même, avec son caractère propre etsa mémoire.» Comment hésiter désormais? Plus le malheur nous accable, plus la dette de la Providence augmente. Chaque infortune est une traite tirée sur le Paradis. La misère est la Caisse d'épargne où s'accumulent, avec intérèts composés et usuraires, nos éq>nomies de bonheur. 11fait bon d'être ramené de temps en temps à ces consolants principes. On croyait morte l'antique morale, la morale révélée. Mais la flamme pure du vrai a trouvé un refuge au fond de l'Université. M. Alaux est une des vestales qui se sont vouées à sa conservation. Une pensée vous est venue certainement. Combien il est fàcheux que ces esprits d'élite qui ont charge d'enseigner la jeunesse, n'aient point aussi celle de gouverner les hommes! L'auteur a prévu ces regrets si justifiés et nous fait espérer une satisfaction. « Je voudrais, dit-il, que de tout candidat au Sénat ou à la députation fût d'abord exigée l'une quelconque de nos licences. » M. Alaux ne nie pas qu'il puisse y avoir des gens capables qui pourtant ne sont pas licenciés. Mais dès qu'ils aspirent à l'honneur d'être sénateurs ou députés, ne peuvent-ils se donner la peine d'acquérir un grade prouvant qu'ils sont en état de traduire et de commenter une ode d'Horace, de résoudre un problème d'analyse ou de déchiffrer des inscri plions assyriennes. Ces garanties ne suffiraient pas encore pour nous préserver de choix indignes. Sous le bonnet de docteur peuvent s'abriter des cervelles exaltées, témoin l'exemple de Jaurès, Mirman et quelques autres. Il faut donc que 1'électeur soit rense_igné; il le sera par des comités - non pas ces commissions qui fonctionnent aujourd'hui, fruits d'une génération spontanée, mais des comités officiels, composés de délégués des électeurs, avec adjonction de licenciés et de représentants de la circonscription, députés, sénateurs, licenciés euxmèmes, ainsi que nous l'avons vu, La licence devenant le pivot de la politique nouvelle : voilà le système. Il se recommande par sa simplicité et son imprévu. Un autre avantage, c'est que, avec ce régime, M. Alaux sera au moins président de la République. Hélas! il vaudra bien les autres. V. J.
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