REVUE DES LIVRES 379 Dans le troisième livre, intitulé Les 111oy.mi1s1térie1trs, l'auteur passe en revue les divers procédés et artifices efficaces pour arriver à la pleine possession de soi et dont les plus sûrs sont d'une nature et d'un maniement subjectifs: ce sont la m.iditatio1' et l'action. M. P. les analyse, les apprécie et trace les règles de leur emploi dans une série de chapitres tellement touffu~ et nourris qu'il est impossible de les condenser sommairement. Il faudrait examiner et discuter séparément chacun de ces principes d'hygiène mentale, que M. P. fait suivre d'une série de conseils très-étudiés, touchant l'hygiène corporelle. Il est à prévoir que sur bien des points les contradicteurs ne manqueront pas à M. P. qui se proqonce avec un~ tranquille hardiesse sur maintes questions d'une brtîlante actualité, telles que celles du surmenage et des exercices corporels, du travail du matin et du travail du soir, de l'alimentation et du sommeil, etc. Toutefois, si ses opinions risquent d'etre discutées, personne ne lui reprochera de ne pas les avoir motivées avec clarté et franchise. Là s'amite la partie théorique et générale de l'ouvrage. La partie pratique est consacrée à « appliquer dans le détail à la vie spéciale de l'étudiant les grandes lois générales que l'auteur a établies, c'est-à-dire à déterminer la nature des dangers prJcis qui menacent l'autonomie morale de l'étudiant et la nature des secours qu'il faut trouver, pour y parer, soit en lui-mÊme, soit au dehors. » Qyels sont, pour le jeune travailleur intellectuel,« lesennemisà combattre?» Sont-ce les passions? Non. Du moins ne sont-elles pas dangereuses par ellesm~mes, mais seulement par l'aliment que leur fournit la paresse, qui constitue en quelque sorte « le bouillon de culture » nécessaire au développement des germes vicieux. Les passions sont des forces et rien de plus. Mais à quoi reconnaitre celles qui sont hostiles et celles qui sont favorables? Rien de plus simple : est dangereux pour notre volonté tout penchant qui agit dans le même sens que la paresse, est avantageux tout penchant qui agit en sen contraire. Voici, d'après cela, les vrais ennemis à combattre. En premier lieu ! cette sentimentalité vague si fréquente chez les jeunes gens et qui achemine insensiblement l'imagination à se complaire en des rêveries v~luptueuses qui sont la cause ordinaire des tristes habitudes solitaires. Viennent ensuite l'influence des camarades qui ont cessé tout effort d'amélioration d'eux-mêmes, la vie de café et de restaurant, ... enfin la redoulable cohorte des sophismes dont se servent les paresseux pour excuser leur fainéan- • tise, sophismes si souvent répétés qu'ils s'imposent même aux gens éclairés et qu'ils finissent par acquérir l'autorité, l'évidence d'axiômes: « On ne se refait pas! - On n'a pas le temps! - Le métier vous absorbe! - On ne peut travailler qu'à Paris, - etc. » Là encore, on le conçoit, M. P. promène le lecteur à travers tÎne foule de questions brLtlantes que sa bravoure ordinaire lui interdit d't:squiver, et les solutions intrépides qu'il y fournit ne manqueront pas de lui susciter des cri-
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