' LA GRÈVE DES MINEURS du travail, et maintenant les prix établis quand il devrait les augmenter ou les diminuant dans des proportions excessives lorsqu'il y a lieu à diminution. Or, il paraît, si l'on en croit les ouvriers, que ce sont là des pratiques constantes auxquelles les ingénieurs eux-mêmes ne restent pas étrangers. C'est pour y mettre fin qu'en 1891, le syndicat avait réclamé un salaire moyen de 5 fr. 50 par jour, la prime de 20 ojo non comprise, ce salaire moyen résultant d'une égale et équitable répartition du travail. Le procès-verbal du conseil d'arbitrage tenu à Arras, en 1891, porte en effet : La discussion s'est alors engagée sur le taux des salaires, les délégués ouvriers demandant la fixation d'un salaire moyen pour les ouvriers du fond, en rapport avec les bénéfices des Compagnies, les engagements pris par elles et les besoins de l'ouvrier. Ils ont dem:rndé que ce prix moyen fùt fixé à 5 fr. 50, plus une prime de :!O o/o, déduction faite des allocations accessoires. Les ouvriers ont reconnu qu'un engagement pour un prix moyen de salaire ne pouvait être que l'engagement moral d'inviter les chefs porions à tenir le compte le plus exact possible de ce prix moyen de journée dans l'établissement des prix de berline (prix de tâche); mais ils ont manifesté la con(iance que les Com,pagnies, ayant pris cet engagement, le respecteraient, et que les ouvriers ne seraient pas amenés à recourir à la douloureuse nécessité d'une greve nouvelle pour le faire observer. Les Compagnies ne promirent pas de payer le salaire moyen de de 5 fr. 50. Elles s'engagèrent seulement à prendre pour base des salaires, les salaires payés pendant les douze mois de l'année 1889, la prime de 20 o/o non comprise soit 4 fr. 80, d'après les calculs de la Société des Mines de Lens. Ce salaire de 4 fr. 80 augmenté de la prime de 20 o/o mettait la journée du bouilleur à 5 fr, 76. Elles s'engagèrent en outre « à donner aux porions et chefs porions toutes instructions utiles pour que les ouvriers n'aient à se plaindre d'aucune injustice dans la répartition du travail et du salaire» et « à les inviter à tenir le compte le plus exact possible du prix moyen de la journée dans l'établissement des prix de berline. » (Procès-verbal du Conseil d'arbitrage d'Arras.) Telle était la situation exacte après la grève de 1891. De la part des Compagnies, promesse formelle d'une répartition aussi équitable que possible du travail et du salaire et fixation du prix de tàche à un taux suffisant pour permettre au mineur Je gagner une journée moyenne de 4 fr. 80 plus la prime de 20 _ofo, après huit heures environ de travail. Les Compagnies ont-elles tenu leurs engagements? C'est ce que nous allons rechercher.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==