LA GRÈVE DES MINEURS houillères du Nord et du Pas-de-Cal1is (ce comité représentait dix-sept compagnies), et à la Société des mines de Lens. Le Comité des houillères et la Société des Mines de Lens refusent toute satisfaction. Le 30 octobre, la grève générale est votée, à Lens, par le Congrès des délégués des sec~ions syndicales. Après quinze jours de chômage, sur l'interYention du Gouvernement, un conseil d'arbitrage composé de délégués du Comité des houillères et de délégués du Syndicat, en nombre égal, se réunit à Arras, sous la présidence du préfet du Pas-de-Calais. Le Conseil tient deux séances et les parties, en ce qui concerne les revendications énoncées tout à l'heure, conviennent d'un accord dont voici les termes relevés au procès-verbal officiel signé par les arbitres: 1° Les délégués dt!s Compagnies promettent que les Compagnies veilleront à cc que les variations de salaires dépendant du hasard des veines et de tout autre élément que la force et l'habileté de !'Ouvrier, soient à l'avenir aussi prolongées que possible. Ils promettent également que toutes instructions utiles seront données aux po1ions et chefs porions pour qu,eles ouvrie1·sn'ciienl ri spplaindre d'aucune injustiee dans la répartition du travail el du salaire, et qu'il y sera tenu la main. lis ajoutent que l'ouvrier qui a à se plaindre a toujours son recours ouvert aupr~s de l'ingénieur qui ne refuse pas de l'entendre et d'examiner sa reclamation. 2° En ce qui concerne le taux des salaires, la conclusion du débat acceptée par les deux p:irties, est qu'il y a liw de prendre pour base des salaires de tous les ouvriers du fond, les salaires de l:J période de douze mois qui a précédé b gr.:ve de 1889, en y ajoutant les deux primes de 10 o/o qui ont été accordées depuis, et qui seront maintenues intégralement. Il est bien entendu que cet (11gagement sera maintenu le plus longtemps possible. En outre, de la discussion transcrite au procès-verbal, il résulte que ces conventions étaient établies en prévision d'une journée égale à peu près à huit heures - durée approximative du travail eff'eclif' dans les mines du Pas-de-Calais. Qi.1ant à la Société des Mines de Lens qui n'appartenait pas au Comité des houillères, elle avait de son côté une entrevue avec les délégués nommés par ses ouvriers syndiqués et elle contractait vis-à-vis d'eux des engagements identiques à ceux acceptés, à Arras, par les représentants des autres compagnies. Le lendemain, la grève était terminée. Donc, sur la question des salaires, la grève de 1891 avait abouti, grâce à l'arbitrage, à deux résultats importants pour les ouvriers : 1 ° Fixité des salaires, ceux-ci étant calculés sur la bas!! des salaires payés pendant les douzes mois de l'année 1889, la prime de 20 o/o non comprise ; 2° équitable répartition du travail, permettant à chaque houilleur d'atteindre la moyenne normale et supprimant les écarts considérables trop souvent constatés entre les salaires des diverses bandes d'ouvriers occupées dans une même fosse.
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