LA REVUE SOCIALISTE Le lendemain, le syndicat répondait a cette démarche en avisant les juges de paix qu'il avait nommé une commission arbitrale et que cette commission était prête à entrer en pourparlers avec les délégués des Compagnies. Mais les Compagnies, sauf une, laissèrent saus réponse l'appel des juges de paix, indiquant ainsi, manifestement, leur intention formelle de dévelo;-iper et d'aggraver le conflit. Peut-être avaient-elles un intérêt commercial à la grève, comme certains l'ont prétendu. Ce qui est sûr, ce qui ressort de la lettre adressée à M. le juge de paix du canton de Norrent-Fontes par la Compagnie de Marles, c'est qu'elles refusaient: 1° de soumettre à l'arbitrage la question de la baisse des salaires et du double carnet de paye; 2° de traiter avec le syndicat, représentant rensemble des ouvriers. Cette double question de la baisse des salaires et du carnet de paye est donc bien la plus importante de toutes celles soule, ées à l'origine du conllit. C'est elle qui a décidé les mineurs à déclarer la grève; c·est elle qui a acculé les Compagnies à la résistan.::e à outrance, avec l'espoir que les ou,-riers seraient battus, gràce au concours )11'0111 is par le gom·crnement. et que le syndicat - la bête noire des employeurs - s·effondrerait sous la défaite. Examinons-la. A la suite de la grève de 1889, qui avait vu les mineurs se grouper et naitre le syndicat, deux augmentations de I o o/o a\'aient été successi,·ement accordées par les Compagnies. Le salaire annuel qui, en 1888, était par bouilleur. de 1087 francs, s'élève à 1293 francs en 1890. L'industrie minière n'en est pas moins prospère pour cela. En effet, les houillères du Nord et du Pas-de-Cilais qui, en 1888, produisent 12,293,398 tonnes, a,·e;: 48,62..j. ou,-riers, en fournissent 13.333.5 .. p en 1889, avec 51,333 ouvriers. et 14,211,353, en 1890. ayec 56,345 ou\'riers. Vers la fin de l'année 1891, les mineurs se plaignent d'une diminution des salaires - diminution survenue à l'improviste, comme c'est la règle, sans avis de la part des Compagnies. De nombreuses réunions ont lieu. Elles aboutissent à formuler un ensemble de ~evendications en tète d.:squelles nous trouvons les deux suivantes : 1° Rép:irtition 7Jlnséquitable du travail et des s:ilair-!s; 2° Une moyenne de 5 fr. ,;o par jour, pour les ouvriers à 1:t veine, l::t prime de 20 o/o non comprise (cette prime de 20 o/o correspond aux deux augmentations ~u~cessives de 10 o/o, chacune. dont il est parlé plus haut.} Ce; renndications sont soumises par le syndicat, au Comité ctes
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