La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

328 LA REVUE SOCIALISTE personnes. les mieux en position de bien voir, nous fassent absolument défaut pour nous rappeler à la modestie convenable. Voici par exemple les remarques d'un homme comme S. Maine, dans son essai sur le Gouvernement Populaire, (traduction française, p. 191). « Il faut que l'habitant de l'Europe occidentale comprenne que la civilisation qui l'entoure est une rare exception dans le monde ... (p. 189). Des populations innombrables, quelques-unes possèdant une civilisation respectable, quoique étrangère à la nôtre, détestent ce que dans le langage de l'Occident on appellerait une réforme. Le monde musulman tout entier en déteste l'apparence. Les centaines de millions d'hommes qui remplissent l'empire chinois l'ont en antipathie et (qui plus est), en profond mépris ... Rien de plus remarquable à ce point de vue que l'obstination avec laquelle un homme appartenant aux classes instruites de la société chinoise oppose l'incrédulité ou le dédain aux vanteries de la civilisation occidentale, dont il entend fréquemment les louanges autour de lui, et que sa confiance en ses propres idées qui semble également à l'épreuve et de l'expérience qu'il a acquise de la supériorité militaire de l'Occident et du spectacle des inventions ou des découvertes scientifiques des occidentaux. (p. 188). Il y a donclieu de se demander si les caractères les plus frappants de la vie occidentale moderne sont dùs à des causPs exceptionnelles ou si ce sont des phénomènes universels et permanents de la nature humaine. Plus d'un indice frappant semble témoigner que la première hypothèse est la plus correcte.» M. D... consacre la dernière partie de son livre sur les c~uses de la division du travail à l'analyse du concept de civilisation. Pour M. D... civilisation et développement de la division du travail sont synonymes, on s'en doute bien. "La civilisation, dit-il, n'est pas un but qui meut les peuples par l'attrait qu'il exerce sur eux, ce n'est un bien entrevu et désiré par avance, dont ils cherchent à s'assurer par tous les moyens la plus large part possible; c'est l'effet d'une cause, la résultante nécessaire d'un état donné. Les hommes marchent parce qu'il faut marcher; et ce qui détermine la vitesse de cette marche, c'est la pression plus ou moins forte qu'ils exercent les uns sur les autres, suivant qu'ils sont ou moins nombreux. Ce n'est pourtant pas à dire que la civilisation ne serve à rien ». Il se trouve (p. 376), que ce développement qui a lieu parce qu'il ne peut pas ne pas avoir lieu est généralement ittile ou tout au moins il est utilisé; il répond à des besoins qui se sont formés en même temps, parce qu'ils dépendent des mêmes causes. Il y a ajustement après coup. li est vrai que « les bienfaits qu'elle rend à ce titre ne sont pas un enrichissement positif, un ac

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