La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

322 LA REVUE SOCIALISTE et graduelle. d'un certain penchant naturel à tous les hommes qui ne se J)1'0J)OSepnatspour but des vues d'utilité aussi étendues ... C'est la disposition à trafiquer qui a, dans l'origine, donné lieu à la division du travail. Par ex. : dans une tribu de chasseurs ou de bergers, un individu. faisant des arcs et des flèches avec plus de célérité et d'adresse qu'un autre, troquera ces objets avec ses compagnons contre du bétail ou du gibier; et il ne tarde pas à s'apercevoir que par ce moyen il pourra se procurer plus de bétail et de gibier que s'il allait lui-même à la chasse .. Par calcul donc il fait sa principale occupation de fabriquer des arcs et des flèches. >' Des "Yues d'utilité restreintes,» la poursuite d'un « avantage personnel» voilà ce qu'on trouve. Une seule fois, dans une phrase que je necitepas,A. Smith s'oublie à mettre l'espèce en jeu; mais c'est pour parler de « l'auantage, de la com111odiléco1m111rne. » De ,, bonheur, >' de "représentation anticipée des effets que produit la division du travail en contribuant à maintenir l'équilibre des sociétés» il n'est question nulle part. Mais ne chicanons pas sur les mots. La doctrine économiste correctement interprêtée, comprise comme il conYient. M. D. serait-il prêt à la faire sienne? - Non. M. D. le déclare nettement. Pas plus que le « bonheur" le sentiment des ,< avantages et des commodités de l'individu et de l'espèce>' ne suffit à expliquer la division du travail. ,< Ce n'est pas parce que plus le tra,·ail se divise. plus le rendement estéleYé qu'on voit naître et se développer la division du travail. » Il ne suffit pis (p. 256) qu'un ,< concours de circonstancesqu'il est facile d'imaginer ait averti les hommes de quelques uns de ces avantages pour qu'ils aient cherché à l'étendre toujours plus loin, afin d'en tirer tout le parti possible. La division du travail ne progresse pas sous l'influence de causes purement inclivùlllelles et psychologiques..... Le fait que les hommes YiYent d'une certaine manière en société n'est pas seulement la condition préalable de la division du travail, le moyen par lequel elle se réalise. et comme sa matière nécessaire; c'en est la cause déterminante. Au lieu que les sociétés se soient formées pour que le travail pût se diviser, c'est le travail qui s'est divisé pour des raisons sociales. '> _ L'unique cause de la division du travail c'est l'accroissement de la densité moralè de la société, symbolisée par l'accroissement de la densité matérielle; et accessoirement l'accroissement Ju volume des sociétés dont l'accroissement de densité est l'accompagnement 0rdinaire. - Qi1e faut-il entendre par densité morale? ,< La vie sociale, au lieu de se disperser en une multitude de petits foyers distincts et sèmblablcs se généralise. Les rapports sociaux ou plus exactement intrasociaux dè,·iennent plus nombreux, puisque de tous côtés ils s'étendent au-delà de Jeurs limites primitives et qu'il y a plus d'indiYidus

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