LA DIVISION DU TRA VAJL ET LA CIVILISATION }2 I hommes du fait de la division du travail, voilà la loi de l'histoire et de la civilisation, la loi sociologique par excellence, d'après laquelle doivent se classer les sociétés humaines. - M. H. Spencer, qui partage les sociétés humaines en deux grands groupes : les sociétés militaires et les sociétés industrielles, attribue l'effacement de l'individualité chez les premières à la centralisation militaire, et se refuse à admettre dans la formation du contrat l'intervention d'un pouvoir social quelconqoe. M. D. soutient contre lui que son principe de classification est insuffisant, que l'absorption originelle de l'individu dans la société vient plutôt de l'absence de centralisation, que l'organisation centraliste est plutôt un commencement d'individuation. Et M. D. a raison. Il nous faut voir majntenant la raison dernière de cette loi, de ce passage nécessaire de la solidarité mécanique à la solidarité organique, ou, ce qui revient au même, quelle est la cause - ou les causes - de la division du travail. - Le livre II tout entier a pour objet de répondre à la question. Là s'accuse le plus nettement le mécanisme, le besoin de mécanisme de M. D.. ; là surtout se découvrent une méthode des besoins d'esprit et des préoccupations logiques qui suggèrent irrésistiblement l'idée d'une sorte de pendant de l'hégélianisme marxiste. Qµelles sont les causes de la division du travail? Parmi ceux qui ont répondu à la question, ce sont les Economistes que M. D. trouve les premiers sur sa route; et vraiment il n'est pas tendre pour eux. A l'en croire, ils aura_ient eu l'idée saugrenue de prétendre que la « division du travail a pour cause le besoin d'accroitre notre bonheur. » Et naturellement, M. D. triomphe. Mais ces esprits éminemment pratiques et madrés que sont les économistes sont-ils vraiment capables de naïvetés pareilles? J'ai peine à l'admettre. Il est clair, trop clair que la division du travail à l'origne et sous sa forme rudimentaire, n'a rien à voir avec l'extravagant sentimentalisme d'individus comme René ou Chatterton. pour qui la vie n'a eu que le tort de se montrer trop douce. M. D. a dù mal interprêter leurs explications. J'ouvre l'un d'eux, non l'un des moins considérables, Adam Smith, et voici ce que je lis tout au commencement du ch. 2 L. 1, con$acrë au << Principe qui donne lieu à la division dn travail. » « Cette division, du travail, de laquelle découlent tant d'avantage ne doit pas être regardée dans son origine comme l'effet d'une sagesses humaine qui ait vré1m, et qui ait eu pour but cette opulence générale qui en est Je résultat. Elle est la conséquence nécessaire, quoique lente 21
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==