LA DIVISION DU TRA VAIL ET LA ClVILISATION mais plutôt à suivre le fil àe l'eau en se contentant de choisir les bons endroits faciles et sùrs. L'intelligence humaine ne fait que refléter les choses. Un système apparaît-il formulé par un homme? c'e~t que déjà d'une certaine façon l'idéal rêvé est réalisé dans les faits. - La seula différence entre la conception du premier et celle du second, c'est que pour !'Economiste le facteur unique du développement humain est la technique industrielle dont l'état se reflète immédiatement dans les arrangements sociallx et la lutte des classes; tandis que pour le philosophe et sociologue, le principal ressort du développement social sera la constitution morale et psycologique. Tout le développement humain tient, pour M. D,, dans la façon toute différente dont l'homme aujourd'hui et autrefois tient à son semblable, dans la différence de vie psycho-sociale que l'étude des sociétés révèle. Quelle est la caractéristique des sociétés anciennes? - Avec S. Maine, avec tout le monde, M. D. répond: c'est, en ce qui concerne l'individu, l'absence d'individualité véritable. Au sein des anciens groupes, tous les individus semblent autant d'exemplaires fidèles d'un même original. D'un individu à l'autre nulle variété; des individus juxtaposés dont la psychologie est extraordinairement simple. Il n'y a pas cohésion du groupe; il y a juxta-position des membres. Mais tous étant semblables, par un mécanisme psychologique des plus simples: - la « contagion·réflexe» de certains philosophes, - l'un ne saurait éprouver une modification quelconque, sans qu'aussitôt tous les autres en subissent le contre-coup. Agir sur un c'est agir sur tous. Cette réaction simultanée des membres, voilà ce qui donne au groupe une apparence de cohésion et d'unité; et c'est ce que M. D. appelle la solidarité mécanique par similitudes. Le segment, c'est le groupe social constitué par cette ressemblance des individus; et le groupe e9t bien un segment, même au Sel1Smathématique du mot, parce qu'en effet, comme le segment d'un cercle, on peut le segmenter indéfiniment sans porter atteinte à la nature de chaque élément. Avec beaucoup d'ingéniosité et de rigueur, une originalité véritable, M. D. déduit ensuite la loi de ces sociétés mférieures d'une classification intéressante de leurs règles juridiques et d'une analyse du crime. Et c'est certainement là une des bonnes parties de la thèse. - Où peuton mieux étudier le lien de cohésion du groupe, le système de solidarité qui en relie entre eux les membres, que dans le système de ses règles juridiques ? Ces règles, d'après la nature des sanctions qui y sont attachées, se partagent entre deux grandes classes. Les unes, les règles à sanction répressite, consistent essentiellement en une douleur imposée à.l'agent. Lesautres n'impliquent que la nécessité pour lui de remettre les
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