La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

3 14 LA REVUE SOCIALISTE LA DIVISIONDU TRAVAIL ET LA CIVILISATION· E. Drnc,mEm, La dil:ision du trawil. Paris. Alcan, 1893, 1 vol. in-8'. Le philosophe, comme chacun sait, est l'homme des pourquoi et des comment, l'amateur né des longues séries d'effets et de causes. Pour lui le particulier, l'individuel n'est quela rencontre des lois, leur hasard. Là ou la commune humanité voit des réalités vivantes où se prendre. de toute la force de ses robustes instincts, le philosophe ne connaît que de pâles abstractions. Sur la complexité des choses deviser sans fin, dédaigner le concret, les expériences de tous pour les lointains et vagues symboles : telle est son œuvre, l'occupation où il se complait. Et pourtant - chose étrange - l'expérience montre que, pratiquement et tout en y faisant quelque façon, le philosophe s'accommode de la réalité fort bien. Depuis Sénèque jusqu'à ... feu M. Cousin, force est de reconnaitre que sa sagesse a constamment été de savoir accepter l'inévitable, ne pas s'entèter follement aux choses, s'arranger d'elles pour faire qu'elles ne le dérangent p?.s. Vues, comme il les voit, du point de vue de l'éternité, les choses, toutes les choses ne sont-elles pas également nécessaires, également bonnes ? M. D... est philosophe. Qµe le qualificatif ne l'attriste pas trop. Du philosophe il a les qualités que nous venons de dire : la curiosité d'esprit, l'amour du pourquoi, la passion de la formule. Du philosophe il a manifestement le sens de la réalité, le sentiment du nécessaire, j'allais dire la déférence. Rien qu'à la façon dont M. D... aborde son sujet sa véritable qualité se devine aisément. M. D... veut étudier la division du travail. Un savant : un économiste, un physicien, un juriste aborderait franchement son sujet se conformant au précepte: in medias1·es... - Notez la longue série des déductions.

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