LA REVUE SOCIALISTE munes : et. à ce point de vue, elle repoussera les institutions ou les lois qui favoriseraient ce résultat, mais elle condamnera plus énergiquement encore, non moins fidèle en cela à son principe, tout système social qui tendrait à réaliser pour les hommes une uniformité d'éducation, de condition, de milieu et qui, par l'identité des individus associés, ramènerait les sociétés aux types inférieurs des organismes inférieurs, aux colonies ammales. » Ainsi envisagé, le solidarisme ne constitue pas seulement un mot de plus, c'est une formule qui implique en même temps une orientation et une limite dans les réformes à tenter. Quand nous aurons compris que la loi, c'est-à-dire la mesure, qui doit régler nos rapports et dépendances réciproques, est la solidarité, la réciprocité, et non une prétendue liberté irréalisable et contraire à la socialisation, nous saurons envisager sous son véritable jour et le moyen de réaliser cette solidarisation, et les avantages collectifs et individuels que nous en retirerons. C'est une erreur, en effet, de croire que l'individu perd ce qu'il accorde à la société, et réciproquement, que la collectivité se diminue de ce qu'elle abandonne à l'individu. Notre solidarité est tellement intégrale que nous retrouvons, directement ou indirectement, médiatement ou immédiatement, le contre-coup, la répercussion personnelle de ce que nous faisons pour la collectivité. Nous avons déjà suffisamment insisté pour montrer que nous ne sommes rien " par nous-mêmes, en nous-mêmes », c'est-à-dire en dehors de notre milieu social, pas plus au point de vue organique qu'au point de vue intellectuel ou moral. D'autre part, il est bien:impossible de méconnaître que nous profitons tous des progrès collectifs, puisque notre vie individuelle n'est et ne peut être que conditionnée par l'état social où nous vivons. La notion de notre solidarité nécessaire nous amène à une conception adéquate de notre responsabilité. c'est-à-dire de notre rôle, de notre droit et de notre devoir social. C'est par ignorance, par erreur ou par aberration que nous persistons trop souvent à nous complaire dans un étroit et aveugle égoïsme : plus nous observons les choses et les conditions de la vie, plus nous sommes obligés de reconnaître la nécessité et l'utilité de la solidarité, plus nous sommes portés à élargir le cercle de nos actions, plus nous sentons les ennuis et les inconvénients de l'isolement, plus nous nous civilisons, plus nous comprenons et acceptons les charges et les entraves collectives., administratives ou politiques. parce que nous leur reconnaissons une raison, un but, un avantage; par conséquent, plus nous avançons et plus nous préparons !"organisation sociale, c'est-à-dire la socialisation, la solidarisation.
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