.308 LA REVUE SOCIALISTE «toujours croissante du champ des allusions qne présente la poésie «moderne, en fait de moins en moins un plaisir pour les masses; mais la «généralité des poèmes possèdent néanmoins, les qualités nécessaires << pour émouvoir les hommes. ( 1 )» Ces remarques, très simples, mais qui méritaient d'être faites, font pressentir ce que peut être !'.enseignement de l'art à l'école. A quelques-uns de ces arts, correspond déjà un enseignement technique plus ou moins poussé (architecture, dessin, musique). Il s'agit de faire aimer et goùter d'avantage ce travail par des comparaisons que les cours de dessin et de musique proprement dits ne comportent pas. D'autres arts, la poésie, la déclamation, sont intimement mêlés aux études littéraires. Reste à donner une sorte de synthèse du tout, en faisant intervenir un enseignement supérieur. C'est à quoi peut servir efficacement une histoire de l'art, bien comprise. L'esprit directeur de cette histoire est indiqué dans les observations qui accompagnent Je programme. <, Le professeur exposera sous la forme la plus simple et la plus «accessible ces considérations générales; ils' abstiendra autant que possible ,, des termes techniques. li rattachera les explications à l'étude d'un « monument pris comme type. Quand le maitre étudiera les parties du " programmequi touchent à l'art proprement dit, il évitera à tout prix la ,< nomenclature. lin' étudiera pas et n'énumérera pas tous les temples grecs, ,< mais un temple grec tel que le Parthénon. En un mot, il s'attachera, ,< dans chaque période, aux œuvres qui réunissent avec le plus de force ,< et de simplicité, les caractères de la beauté artistique. Cette préocupa- " tion devra dominer tout son enseignement. A côté de la nécessité d'ex- « pliquer comment l'art est l'expression des idées. des sentiments, des ,< croyances d'une société, il ne faut jamais renoncer à pénétrer les ,< esprits de l'impression du beau. On n'institue pas ici l'histoire de l'art « pour en faire connaître toutes les manifestations possibles, mais pour en « faire comprendre et apprécier les chcfs-d'œuvre. » La diffkulté de cet enseignement est double: d'une part, la moyenne des élèves n'est pas suffisamment pourvue en fait d'émotions et de connaissances artistiques antérieures; d'un autre coté, parmi les professeurs, comme d'ailleurs parmi tous les hommes faits, mêlés aux préoccupations de la vie, ceux là sont relativement très rares, qui gardent, s'ils l'ont jamais eu, le goût passionné des choses de l'art, or, ce goût est ici absolument nécessaire au professeur. L'enseignement institué a précisément pour but de sortir de ce cercle vicieux (2). ( 1) A. Bain. La science de I't:_ducation. (2) L'attention de la moyenne des élèves n'est nullement en rapport avec « l'intérêt prcsumé '> de l'enseignement. Pour s'intéresser a une histoire de J'art, il faut déjn bien de l'expérience acquise antérieurement.
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