La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

300 LA REVUE SOCIALISTE citoyens Maroilles et Alliot, comme délégués de la Fédération nationale des mineurs belges. Mais cette démarche n'a pas d'eftet utile, et c'est sans résultat aucun que le citoyen Basly adresse, le 18 septembre. la dépêche suivante aux secrétaires des syndicats des bassins de Mons, du Centre, de Charleroi et de Liège : Lens 18 septembre 189.3, Ici la grève t:st générale ; 42.000 grévistes. Jamais occasion si favorable pour grève en Belgique. Si vous continuez le travail, vous ferez le jeu de nos patrons d'abord, et celui des vôtres ensuite. Vous serez cause d'une nouvelle baisse des salaires. Le succès dépend d'une action commune. BASLY Les comités directeurs des syndicats de Belgique sont hésitants. Dans le Borinage, alors que Maroilles fait une campagne ardente, dont il faut le féliciter, en faveur de la grève immédiate internationale, la majorité de ses collègues perdent du temps. Finalement, ils ajournent leur décision au 25 septembre bien que la grève ait été fixée au 18, dans le Nord et le Pas-de-Calais. Dans le bassin de Charleroi, on consacre huit jours à dépouiller un scrutin, puis on se décide à faire crédit aux patrons jusqu'au 27 septembre. Dans le bassin du Centre, on vote seulement le 23 septembre. Dans le bassin de Liège, c'est à peine si l'agitation gréviste se fait sentir. Il est clair que l'on ne se soucie que médiocrement de ce qui se passe de l'autre côté de la frontière. La grève des mineurs français va faire affluer les commandes de charbons en Belgique. On profitera de cette bonne aubaine pour obtenir des patrons une augmention des salaires et voilà tout. C'est l'intérêt personnel qui guide le plus grand nombre. On a écrit que les comités directeurs des syndicats belges n'avaient pas trouvé un encouragement suffisant dans les résultats du referendum, qui n'avait pas paru indiquer une tendance très forte à la grève. L'argument n'est pas sans valeur, mais pour ceux qui ont suivi attentivement les événements qui se sont succédé en Belgique pendant la grève et la campagne de presse qui les fit naître pour les trois quarts, il n'est pas douteux que la plupart des mineurs belges songeaient bien plus à exploiter, en vue d'une augmentation de Jeurs salaires, les bénéfices qu'allaient valoir aux charbonnages la cessation du travail en France, qu'à s'unir à leurs camarades du Nord et du Pas-deCalais pour mener à bien l' œuvre commune du relèvement général des salaires commencée par les anglais. Les journaux belges menaient d'ailleurs une campagne énergique contre la grève. Au nom de l'intérêt supérieur de l'industrie nationale, ils s'adressaient à la fois aux ouvriers chez qui ils s'efforçaient de faire vibrer la corde patriotique; aux patrons '

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