LA GRÈVE DES MINEURS 299 rapports internationaux entre les associations de mineurs de ces différents pays. Rien n'est moins exact. Certes les houilleurs avaient une revendication commune à faire valoir : le relèvement des salaires ; mais aucun accord ne s'est établi entre eux au préalable. Chacun est parti en guerre pour son compte, sans se soucier du voisin, les Anglais parce que les patrons voulaient leur imposer une diminution de 250/0, les Français et les Belges parce que, depuis plus ou moins longtemps déjà, la réduction des salaires était chose faite chez eux. Nous avons longuement exposé les plaintes des mineurs français, en ce qui concerne la diminution des salaires. Nous n'y reviendrons pas. En Belgique, la situation était bien plus pitoyable encore. De documents publiés par le journal le Peuple il résulte en effet que le salaire moyen des ouvriers du fond, dans les principales mines du bassin de Mons était, avant la grève dernière, de 2 fr. 82 par jour. Donc grief identique des trois côtés, Et cela se conçoit, car il n'y a pas que les basssins français qui, pour les besoins de la concurrence, se livrent à une surproduction effrénée. Le mal est général ; il atteint aussi tous les bassins étrangers. Dans ces conditions on pouvait s'attendre à une action en commun, de la part des mineurs, concertée et mûrie dans quelque congrès international semblable à ceux dans lesquels les délégués des différents pays se réunissent une fois chaque année. Cette entente souhaitable ne s'est pas réalisée. On n'a mème pas songé à la réaliser. Comme nous le disons plus haut, les aspirations ne se sont pas solidarisées et les efforts se sont éparpillés au hasard des conditions particulières à chaque milieu, limités partout par l'intérêt personnel. Les Trades Unions anglaises qui n'ont pas grande confiance dans la solidité des groupements ouvriers des mineurs du continent ont pensé qu'elles pourraient se passer de leur concours pour mener à bien leurs affaires. Dès le 25 juillet, sans prendre l'avis des syndicats fédérés internationalement, elles ouvraient les hostilités. Les mineurs du Nord et du Pas-deCalais auraient volontiers suivi le mouvement. Mais on était il. la veille des élections législatives et tout le monde fut d'accord pour ajourner le conflit. En Belgique il fallut la longue grève anglaise pour secouer les ouvriers et les décider, en raison de l'écoulement plus facile des charbons, à demander, le I or septembre, une augmentation de salaires de 10 o/o. Donc, aucun lien commun entre les travailleurs des trois pays, aucune action internationale. Le mouvement naît et se développe au hasard; il n'y a rien d'arrêté, rien de prévu. Comme le dit avec juste raison M. Emile Vandervelde dans l'étude qu'il a publiée dans la Revue socialiste sur la Grèvedes mineurs en Belgique, « les sentiments internationalistes, ont joué, pendant la grève, un bien plus grand rôle en apparence, qu'en réalité. » Une seule tentative a été faite : c'est la démarche, à Lens, des
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