La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

... LA GRÈVE DES MINEURS promesse relative au maintien des salaires. Nous avions fait, en 1891, une convention avec les compagnies. Les compagnies manquent à leurs engagements puisqu'il n'y a pas eu entre elles et le syndicat de convention nouvelle.» Il est à noter que le citoyen Beugnet, délégué des mînes de Béthune, est un des cinq arbitres ouvriers qui, en 1891, prirent part aux travaux du conseil d'arbitrage d'Arras. C'est la question de la diminution des salaires qui fait tous les frais de la discussion, c'est elle qui préoccupe tout le monde. Il y a donc bien, quoi qu·on en ait dit, à l'entrée du différend d'où va sortir la grève, une question purement économique avec laquelle la politique n'a rien à voir. Finalement, on se trouve en présence de trois propositions : La première demandant qu'on invite les compagnies à payer les ouvriers à l'heure ; La deuxième décidant la grève immédiate ; La troisième disant que les revendications générales des ouvriers doivent être formulées et soumises aux compagnies avant toiite décision relative à la grève. Le citoyen Basly parle en faveur de la troisième proposition qui est adoptée, après le rejet des deux premières. Pour des« meneurs », il faut reconnaître que les chefs du syndicat et les délégués des sections, - ces cabaretiers dont le Ministre des travaux publics, M. Jonnart, a dit tant de mal - sont gens accommodants et d'une rare modération .. ✓ Le bureau du syndicat rédige, séance tenante, une lettre aux compagnies, contenant les revendications formulées et adoptées par l'assemblée, et sollicitant une réponse pour le jeudi 14 septembre, avant midi. Nous avons publié ces revendications au commencement de cette étude. Nous n'y reviendrons pas. Disons seulement que le I i septembre, dans une deuxième lettre, le bureau du syndicat sollicitait des compagnies, en faveur des ouvriers du jour, une augmentation de salaire proportionnelle à celle demandée en faveur des ouvriers du fond, « cette augmentation étant principalement motivée par la modicité du prix de la journée des ouvriers du jour ». D'après M. Ed. Lozé (la grève de 1891 dans les bassins houillers du Nord h du Pas-de-Calais, imprimerie Rohart-Courtin à Arras), les ouvriers du jour comprennent : Les ouvriers d'atelier : tourneurs, ajusteurs, forgerons etc ... gagnant de 4 fr, à 4 fr, 50 par jour, plus la prime de 20 o/o; Les ouvriers du carreau qui préparent les bois et autres matériaux et gagnent de 2 fr. 50 à 3 fr. avec une prime de I o o/o seulement;

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