La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE Enfin les jeunes gens des deux sexes employés au triage du charbon, gagnant de I fr. à I fr. 25, sans prime. Ceci à titre de renseignements. Nous avons dit que deux délégués de la Fédération des mineurs belges, les citoyens Maroilles et Alliot, assistaient au Congrés du 1 o septembre. Voici, d'après les journaux, la déclaration qu'aurait faite le citoyen Maroilles : Si le citoyen Alliot et moi nous nous sommes rendus à Lens, c'est que nous nous présentons au nom d'une Fédération comprenant plus de 125,000 mineurs et que nous venons pour établir l'entente entre les travailleurs du sous-sol du Nord et du Pas-de-Calais et ceux de Belgique, dans le but <l'arriver à une augmentation de salaires, car la misère est grande chez les Belges. Nous sommes d'accord avec vous pour marcher contre les capitalistes qui spéculent sur notre misère ; vous ne serez donc pas seuls si vous décidez la _grève. Mais une fois la lutte entamée, nous devons la soutenir de toutes nos forces, et prendre ici, tous, mineurs français et belges, l'engagement de lutter jusqu'au moment OLI nous aurons obtenu l'augmentation des salaires qui nous permettra à tous de manger un peu de pain en travaillant. Le citoyen Maroilles allait un peu vite. On a même trouvé en Belgique qu'il s'était engagé à la légère. C'est que le citoyen Maroilles n'avait pas assisté aux discussions qui avaient rempli la première partie de la séance du Congrès. Il ne savait pas que les mineurs syndiqués du Nord et du Pas-de-Calais pouvaient, eux, commencer la grève dans les vingt-quatre heures sans un à-coup et sans une défection. Lorsque, après le vote des revendications, il se fut rendu compte que les choses étaient plus avancées qu'il ne l'avait cru tout d'abord, il prit de nouveau la parole en ces termes : Je m'aperçois que vous venez de prendre des décisions rapides. Je ne vous savais pas aussi avancés dans vos revendications à formuler. Je crains qu'en Belgique nous ne soyons pas prêts, comme vous, pour jeudi. Néanmoins, dès ma rentrée, je vais convoquer d'urgence le Congrès de la Fédération et je ne doute pas qu'il ne prenne des décisions en vue de marcher d'accord avec vous et de prouver notre entente internationale. Je pense que le 18 septembre, les 125,000 m'ineurs de la Fédération belge seront prêts à marcher avec vous. Nous avons reproduit ces extraits des deux allocutions du citoyen Maroilles afin que l'on puisse se rendre compte des espérances que fit naître chez nos mineurs la démarche des deux délégués belges. Toutefois, il ne faudrait pas penser que les déclarations trop optimistes du

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