La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE de la Fran.::e. Mais ces aspirations ne se sont pas solidarisées, et les efforts se sont éparpillés s'exerçant au hasard des conditions particulières à chaque milieu, limités un peu partout par l'intérêt personnel. Dans le département du Nord, on pouvait considérer comme .. acquis, dès le premier jour, à la grève, les mineurs des r,ompagnies d'Aniche, de l'Escarpelle, d'Azincourt et de Douchy. Mais Anzin serait probablement réfractaire au mouvement. De plus les compagnies de Douchy et d' Azincourt étaient sujettes à caution. Nous ne parlons pas des ouvriers des autres petites compagnies voisines de Valenciennes. lis sont destinés à subir le sort de Jeurs camarades d'Anzin. Quant aux mineurs belges, ils ne paraissent pas encore suffis~mment groupés pour entreprendre une grève générale. Les syndicats d'ouvriers catholiques, nombreux, dans Je Borinage notamment, créent, d'ailleurs, au milieu d'eux des divisions qui menacent d'être longtemps un empêchement à une action d'ensemble, coordonnée avec celle des bouilleurs des pays ,·oisins. Qu'on nous pardonne cette digression, elle avait son utilité. Revenons maintenant à l'historique de la grève. Le I o septembre, les délégués de la Fédération syndicale des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais, 1·,.f,qitiièl'ememntandatés par les sections, se réunissent en congrès à Lens. Les compagnies de Lens, Liévin, Bruay, Béthune, Marles, Vendin, Ferfay, Nœux, Drocourt, Dourges, Courrières, Carvin, Ostricourt et Meurchin, du bassin houiller du Pas-de-Calais, sont représentées. Les citoyens Alcide Maché, secrétaire général des mineurs syndiqués du Nord, et Alfred Herman, secrétaire du syndicat de l'Escarpelle, représentent les compagnies d' Aniche, l' Escarpe lie, Azincourt et Douchy, du bassin houiller du Nord. La compagnie d' Anzin où il n'existe plus de syndicat depuis la grève de 1884, n'est pas représentée. Les deux délégués de la Fédération des mineurs belges, les citoyens Maroilles et Alliot, assistent à la séance. Les délégués rendent compte del' état des esprits dans les sections, exposent les plaintes des ouvriers, indiquent les démarches. qui ont été faites auprès des compagnies et l'insuccès auquel elles ont abouti. Ils sont unanimes à constater cc que, depuis six mois, les salaires ont été en diminution constante, ce qui oblige les ouvriers à /ail'e des longuescoupes (des heures supplémentaires).» « Les grèves de 1889 et 1891, dit l'un d'eux, le citoyen Beugnet. aboutissent pour nous à un marché de dupes. Le charbon a augmenté de 65 o/o dè:puis 1888, et on ne nous a accordé que 20 o/o d'augrnent-0tion qu'on nous retil'eaujourd'hui, en diminuant les salau·es. Les compagnies avaient promis de restreindre les écarts existant entre les salaires. Cette promesse n'est pas tenue, pas plus que n'est tenue la

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