LA GRÈVE DES MINEURS ouvriers de toutes les Compagnies et, plus spécialement, pour qu'il soit mis un frein à la diminution constante des salaires. « Il ne faut pas se le dissimuler, la situation est très tendue, et, en cas de refus par les administrations des mines de faire droit aux réclamations des travaileurs, une grève générale est à craindre. Toutefois, le chômage ne se produira qu'après que le syndicat aura usé de tous les moyens de oonciliation y compris l'arbitrage. » Donc, contrairement aux affirmations des journaux bourgeois• et du ministre des Travaux publics, M. Jonnart, il est établi que les sections syndicales avaient formulé des revendications qui avaient été présentées aux C()rnpagnies, avant la réunion du Congrès des délégués, à Lens,'.et que les représentants des mineurs, loin de vouloir la grèi;e à tout zn·ix, étaient disposés à user de tous les moyens de conciliation qui pouvaient leur être proposés. Ç'est don(dire manifestement le contraire de la vérité que d'affirmer que les ouvriers n'ont été pour rien dans la rédaction des revendications présentées par le syndicat, et que la grève a été fomentée par les délégués des sections·. Le 7 septembre, sur lïnitiative du bureau du syndicat des mineurs du Borinage (Belgique), la Fédération nationale des mineurs belges décide de déléguer deux de ses membres au Congrès de Lens. En outre, le syndicat des mineurs du Borinage fait connaître qu'il organise, pour le dimanche 10 septembre, un ré/ërenclurn portant sur la question de savoir s'il y aura lieu de faire la grève au cas où les propriétaires de charbonnages belges refuseraient d'accorder une augmentation de I o o/o, demandée par les mineurs, le 1er septembre précédent. De son côté, le syndicat des mineurs du bassin de Charleroi avait décidé, quelques jours auparavant, d'ouvrir un référendum sur la même question le dimanche 17 septembre. En Angleterre, la grève, commencée le 28 juillet, battait son plein. Si les houilleurs du Pas-de-Calais et du Nord entraient dans le mouvement à leur tour, bie!"!tôtsuivis par leurs camarades du Centre et du Midi, la grève pouvait devenir générale. Y a-t-on poussé? - Non. L'organisation internationale des mineurs n'est pas encore assez forte pour rendre possible une telle démonstration et permettre d' espérer qu'elle puisse être conduite avec une méthode et une discipline capables d'en assurer le succès. A aucun moment, pas plus en France qu'en Belgique, les représentants des ouvriers n'ont sérieusement songé à engager une action commune en vue· d'intérêts généraux à sauvegarder. C'est accidentellement, .et parce que les conditions faites à la main d'œuvre tendent de plus en plus à devenir partout les mêmes, que des aspirations identiques se sont fait jour à peu près au même moment dans les bassins houillers d'Angleterre, de Belgique et du nord
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