LA REY JE SOCIALISTE f.lut dire de mème que lorsque l'.! s~:1timcn~ d2 la solidarité sociale fait défaut, aussi bien que 1\ conscience, à beaucoup de gens, la loi doit 1ïmposer. Ce sera d'ailleurs le meilleur procédé éducatif pour faire naitre ce sentiment et l'enraciner dans l=s mœurs, en dépit du dicton bien vieux et bi.:n superficiel quirl ler;rs sznr moribus? ,, En sens inverse. l'école de la rnlidarité ne pourra se montrer très sympathique 8 la concurrence, qui est une des formes sous laquelle l'école classique aime à saluer le pïincipe du laisser-faire. Elle ne pourra oublier que la concurrence, c·est ,, la lutte pour la vie>' et qu'elle procède par conséquent d'un principe directement opposé à celui de ,, l'association pour la ,·ie ,, . La concurrence produit ce que je puis appeler une solidarité 11 rrhmu·s, je veux dire que, tandis que sous le régime de b véritable solidaritl.!, le bien de l'un devient le bien de tous et le mal de l'un le nnl de tous, sous le réJime de la concurrence au contraire. comme l'a dit depuis lo1igtemps J\1ont,1igne. le profit de l'un est le dommage de l'autre: la fortune d'un in,iustriel s'dève sur les ruines de ses concurrents moins heureux, et c'est la ddaite des uns qui peut seule assurer la ,·ictoirc des autre<;. En fait de commerce international. l'école dont nous esquiss'.)ns le programme ne saurait être prntectionniste à la façon dont on l'est aujourd'hui, puisque ce protectionnisme s'efTorc= justement de rompre tout lien de solidarité entre nations et de réaliser, en fait de rap;)orts internationaux, le principe ,, chacun pour soi ,, : mais elle ne goùtera pas non plus beaucoup le 1('1·r'f'-tl'rl'lf' à la mode anglaise qui n'est en somme, qu'une autre forme du,( Chacun pour ~;1i,,_ ch::cun de,·a11t se frayer sa ,·oie à coups de coude. Des union_; d,>~1-~ni~..ï:.:;e;1:·~ 1ntions fondé:-s par des sacrifices réciproques consentis en \'Lte d'un intér-:t g-énfr::li - l'intérêt européen, par exemple, en face de la conc-.'!Tl.!nce améncaine - répondraient k mieux à SOî1programme en f ,;_'.ant n:iitr-:: le sentiment de granjcs solidarités internationales, et l'atknte d'une solidarité plus uni,·crselle encore. " M~me l;!s forme; d'associations préco:1isées par l'~cole classique libérale ne sont que des formes pauvres et pt:u faites pour nous rapprocher de l'idéal que cette école a en nie. Q].ie penser par exemple de la Société par actions dans laquelle M. de Molinari voit le type de l'o:·ganisation éconcmique future et qui prend. en 1.ffet. de nos jours un si grand développement? Où est-elle cette solidarité q:.1enous cherchons? Pas assu:·ément da% les rap:)orts e:1tre l~s ouvri~rs employés par la C-:)rnpagnie et les actionnaires de cette Cornp; 1.~ni-::: associés de fait dans une entreprise commune, il n'existe entre eux aucune organisation, aucun lien de droit, aucun intérêt commun; iis sont partagés en deux classes, les .uns travaillant dans une entreprise dont ils ne touchent point les fruits, les autres se partageant les produits d'une cntïeprise dans laquelle ils ne travaillent point; ils ne se voient pas,
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