La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA MEVENTE DU VIN rieux et les fainéants. Il est temps que les ouvriers agricoles haussent les épaules devant les épouvantails fantasmagoriques qui peuplaient autrefois l'imagination des ignorants. Le socialisme collectiviste poursuit l'organisation parfaite des in:.- truments du travail de manière à garantir à chaque individu le plus de liberté possible sous des lois qui établissent le règne de la solidarité entre tous. Des expériences démontreront quelles limites il est bon de donner à la propriété rurale de chaque agriculteur dans l'intérêt commun. Il y a lieu de croire que le lot parcellaire mis à la disposition de chaque individu serait formé au minimum d'une maison pouvant abriter toute une famille, et selon la situation géographique des communes, d'une étendue suffisante de terrain pour la production des valeurs d'usage et l'agrément particulier de cette même famille. Que chacun puisse faire bouillir à sa fantaisie le pot-au-feu, manger les légumes, savourer lès fruits et réjouir sa vue et son odorat avec les fleurs de sa préférence! Mais s'il s'agit de récolter une valeur d'échange comme le vin, comme le blé, comme la betterave,que toutes les terres ne peuvent pas produire, le progrès demande l'organisation collectiviste du sol, non seulement pour une plus grande richesse communale, mais encore pour le plus grand profit de la nation. L'exploitation économique des propr!étés rurales de vaste étendue indique à cet égard les procédés et les méthodes à suivre. Le sort du paysan serait-il donc plus malheureux le jour où, par une délibération d'un conseil communal ou cantonna!, il serait tenu d'associer les petites parcelles qu'il possède aux vastes domaines du propriétaire voisin, pour la culture parfaite et l'exploitation scientifique du territoire dans toute son étendue ? Les socialistes collectivistes ne veulent pas ravir au paysan le produit de leur champ ni celui de leur vigne; ils veulent au contraire l'augmenter assez pour délivrer sa pensée des angoisses et des incertitudes du lendemain. Le collectivisme agraire répond tellement à la nature des choses que la population rurale déserterait beaucoup plus nos plaines et surtout nos montagnes si les institutions collectivistes qui ont résisté malgré tout à l'accaparement abusif de la propriété individuelle ne leur prêtaient pas un point d'appui dans la lutte pour l'existence. Sans la propriété collective des rues, des places, des promenades, pes musées, des bibliothèques, des halles, des temples, des hospices, l'existence dans les villes serait insupportable. Si les fontaines, les abreuvoirs, les pacages, les bois, les bords des canaux et des rivières, les eaux des fleuves, des lacs et de la mer, les espaces immenses de l'air, et les mille ressources diverses que l'on peut encore se procuj

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