LA MÉVENTE DU VIN Le congrès ouvrier de Marseille s'est gardé avec soin de toucher aux situations acquises des propriétaires terriens. Il n'est même pas question d'impôt progressif sur les héritages pour étendre le champ des exploitations agraires de chaque commune ou pour faire revenir à la nation les terres dont le gazonnement_ou le reboisement présente un caractère d'utilité régionale. La modération des vœux émis par le congrès ouvrier dénote combien les clas~es laborieuses sont animées d'intentions conciliantes à l'égard de leurs maîtres et de leurs exploiteurs. Que diraient les conservateurs apeurés qui soutiennent les gouvernements antidémocratiques de la République Française, si les revenèlications rurales de notre pays prenaient le caractère violent des protestations faites en Angleterre et aux Etats-Unis par les sociologues et par les prêtres ! Herbert Spencer dans sa statique sociale n'a pu s'empêcher de faire l'aveu suivant : << Un plus haut développement social a fait naître en nous de nouvelles idés; nous reconnaissons maintenant dans une mesure considérable les droits de l'humanité. Mais notre civilisation n'est que partielle. On arrivera peu à peu à se convaincre que l'équit~ dicte des principes auxquels nous n'avons pas encore prêté l'oreille, et les hommes poul'ront alors apprendre que priver les autres de leurs droits cl l'usage clela terre, c'est commellre un crime qni 1ie leur cèdeen perversitéqii'au cl'im~ de leur ôter la vie ou cleles dépouiller de la liberté personnelle. Le curé Mac Glynn ne cesse de prêcher ouvertement la nationalisation du sol en Amérique comme en Irlande. Il répondit en 1887 à une observation de son évêque qui l'invitait à modérer sa propagande révolutionnaire, « J'ai toujours enseigné et j'enseignerai toujours dans mes discours et mes écrits, auss_i longtempsque je vivrai, que la terre est de droit la propriété commune clupenple, et que le droit depropriété inlliDiduellesur le sol est opposé à la justice natul'elle, n'importe par quelles lois civiles et religieuses ce droit ait pu être sanctionné. Je voudl'ais à l'instant, si je le pouvais, faire modifier leslois du monde entiel' de façon à confisquer la propriété individuelle sans aucune indemnité pour ses soi-disant 11ropriélail'es. Les résolutions du congrès ouvrier de Marseille, loin de menacer sur le ton comminatoire des prophètes divins les détenteurs actuels de la propriété du sol, condescendent, au contraire, à défendre la légitimité de Jeurs titres de possession jusqu'à une certaine mesure, puisqu'elles réclament la suppression des droits de mutation pour les héritages au.-dessous de 5,000 francs.
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