La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

LA MÉVENTE DU VIN 277 tivité sont confiés te_mporairement aux groupes corporatifs organisés selon l'industrie des communes. Dans l~s groupes professionnels, la répartition des richesses sociales se fait entre les travailleurs proportionnellement a·u travail accompli et au service rendu. La consommation reste entièrement libre. Les charges sociales étant remplies, chacun dispose comme il lui plaJt, de ce qui lui est attribué par son travail. » Dans le cadre d'une simple étude sur les causes de la mévente du vin, on ne peut faire entrer l'exposé et la critique des divers systèmes qui ont été proposés en Europe et en Amérique pour réaliser le socialisme agraire. C'est un ouvrage encore à faire, si l'on croit à la nécessité de solutions diverses s'adaptant au sol, au climat et aux usages de chaque région ( 1) .Quoique conçue avec des idées synthétiques très larges,ladéfiniti0n du collectivisme ne peut sans doute que se rapprocher de la vérité de demain et non l'établir avec précision mathématique. Personne ne peut prévoir si la division du travail, avantageuse sous un régime d'individualisme et de capitalisme, sera perpétuellement considérée comme le dernier mot du progrès. En spécialisant les individus dans leurs occupations, on leur fait produire davantage. mais on les habitue à laisser leur cerveau inactif; c'est une cause d'abrutissement. Les travaux agricoles et industriels alternés pour tous les travailleurs d'une même commune pourraient rendre, par leur variété, la vie plus douce et plus agréable. Pour une société organisée en vue du bonheur commun, il vaut mieux donner satisfaction aux besoins réels de chacun, que produire des richesses dont on pourrait se passer sans grave inconvénient. Les viticulteurs ont autre chose qu'une définition d'exactitude relative et que les conclusions des systèmes arrangés en dehors des leçons de l'expérience, pour juger les réformes immédiates que le socialisme se propose d'obtenir par le jeu légal du suffrage universel. Les résolutions du congrès ouvrier de Marseille sur la question agricole doivent être acceptées jusqu'à nouvel ordre comme le point de ralliement de tous les socialistes. Quoique elles soient connues et qu'elles aient été souvent publiées, ces résolutions doivent être reproduites et consignées ici, pour en faire apprécier avec plus de fruit la tendance sociale éclectique. L'idée socialiste collectiviste ne se laissera pas restreindre et étouffer par les dogmes des sociologues simplistes. Le congrès ouvrier de Marseille a parfaitement compris que pour faire œuvre durable, la Révolution économique qui sera le triomphe ( 1) L'auteur de cet essai rapidement élaboré sur les causes de la crise viticole actuelle prépare un long ouvrage pour I'étud_e <!'es ques~ions relati_ves au socialisme agraire. Le premiér volume du Paysan socialiste paraitra prochainement.

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