LA REVUE SOCIALISTE quelle ardeur il susciterait de l'autre. La France doit s'attendre à des tentatiYes de ce genre dans une guerre contre ses voisins. Les moyens en sont tout préparés. Il n'y a qu'une manière d'y répondre, c'est d'agir de même et d'être prêt à son tour. » (Général Derrécagaix, Guerre moderne, l, 458.) Nous venons de voir que, sans qu'il soit nécessaire d'ailleurs de renoncer à opposer cavalerie à cavalerie, des contingents locaux permettraient de résister à des agressions de ce genre; il serait même très avantageux de se reposer sur eux de ce soin. « En tout cas, dit Von der Goltz, les parties de l'armée qui, pendant la concentration, auraient pour mission de protéger les frontières. ne devraient être distraites des grandes opérations qu'exceptionnellement. Il faut, en effet, disposer ses troupes de telle sorte que toutes les forces soient disponibles et réunies quand il s'agira de frapper les grands coups. ,< Si, du rôle que peut exercer la défense locale pendant les marches stratégiques, nous passons à l'influence qu'elle peut exercer durant les préliminaires du combat, nous verrons que celle-ci n'est pas sans importance. Dès que la proximité de l'ennemi a été constatée, la cavalerie indépendante se rassemble sur les ailes, laissant la place à la cavalerie de sûreté, qui doit à son tour pousser ses patrouilles jusqu'au contact de l'adversaire. Des reconnaissances d'officiers rejoignent les patrouilles et, sous leur protection, gagnent des points élevés, tels que les clochers des villages, d'où l'on puisse reconnaître la ligne de défense qu'il va falloir enlever de vive force. A ces reconnaissances on peut opposer le mème obstacle qu'à la cavalerie d'exploration. Une fois la position reconnue, l'assaillant prend la formation de combat, non sans avoir toutefois conservé un ordre compact le plus longtemps possible, car des troupes une fois déployées ne peuvent guère être rassemblées de nouveau et sont bien, jusqu'à la fin de l'action~ à la direction qu'on leur a assignée au début. L'occupation, même dépourvue de solidité, de tous les hameaux qui sépJrent les deux armées pourra amener des déploiements prématurés et, tout en usant les forces de l'attaque, enlever de très bonne heure au général qui la dirige la libre disposition de ses troupes. Voici une lettre publiée par le Journal des Débats, qui vient étayer cette supposition : ,<Le 20 septembre 1870, l'armée du prince impérial s'avançait sur Versailles, dont la prise devait compléter l'investissement de Paris. Le bataillon dont j'étais chef était placé à l'avant-garde. Sur la route du Petit-Bicêtre à Versailles, nous rencontrâmes une maison isolée où rien ne semblait pouvoir faire craindre une embuscade. Cependant la tète de la colonne était à peine arrivée à portée de fusil qu'un coup de feu se fit entendre et le premier de nos soldats tomba raide mort.
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