La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

ÉCONOMISME, SOCIALISME ET SOLIDARISME ou qu'elle ait constitué primitivement une récompense pour des services rendus à une collectivité, que le droit du plus fort ait été le seul génératenr cruel et aveugle de notre droit moderne, toujours la même tendance à la rééquilibration a provoqué des réactions plus ou moins immédiates, plus ou moins mesurées, toutes les fois qu'un excès de force, un abus de pouvoir, de propriété ou de droit a rompu la moyenne de l'équilibre au-delà de laquelle la statique sociale n'est plus possible. C'est là un enseignement constant de l'histoire, c'est là une leçon et un avertissement pour l'individualisme à outrance de nos privilégiés modernes. A la force individuelle s'opposera de plus en plus la force du nombre,à la monopolisation croissante du capitalisme s'opposera la solidarisation de plus en plus généralisée des salariés : C'est l'éternel va et vient de l'action et de la réaction, c'est la loi de l'universel devenir. Solidarisation et socialisation sont donc deux termes qui expriment la loi fondamentale de toute société. Plus une société se développe, plus se multiplient les déterminations. et, par conséqnent. les adaptations mutuelles, les solidarisations que nous appelons relations sociales, faits de sociabilité, faits moraux, actions et réactions économiques, luttes et concessions. conquètes et pertes, contrats et coutumes, lois et règlements, droits et devoirs, avec une tendance générale, constante, nécessaire, à une équilibration de plus en plus adéquate. c'est-à-dire à une correspondance de plus en plus justement adaptée, à un nivellement de plus en plus égalitaire, à une répartition et redistribution de plus en plus compensatrices des forces et des actions du coté de la production comme de la consommation, comme l'indique, le demande et l'obtiendra le grand mouvement d'évolution sociale auquel nous assistons sous le nom de sociali~me. IV. - SOCIALISME ET SOLIDARISME Personne ne peut nier que la condition vitale pour toute société soit sa propre adaptation aux conditions de vie qu; résultent pour elles des temps et des lieux. Personne ne peut méconnaître qu'une société ne peut subsister qu'à la condition d'un certain équilibre entre ses facteurs, d'une certaine unification ou corrélation entre ses membres. Il en est donc de la vie sociale comme de la vie organique, sa loi fondamentale est la loi d'adaption ciue nous appelons en biologie la loi d'organisation et, en sociologie, la loi de socialisation. Mais, de même que !"organisation implique la fonction, ainsi la socialisation implique le concours, la solidarité. A la loi de socialisation qui adapte et organise, correspond la loi de solidarisation qui vivifie. Tous les biologistes sont, en effet, d'accord pour reconnaître que la vitalité est proportionnelle à la fonction, et celle-ci au degré de synergie des éléments anatomiques. L'his-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==