\ LA REVUE SOCIALISTE ceux-ci prend une importance trop prépondérante, ce ne peut être qu'aux dépens d'un autre élément constituant qui se trouve ainsi rétrocéder au-dessous de la normale et devient une cause d'affaiblissement. de dégénérescence, de dissociation, de mort. Voilà pourquoi nous voyons nos sociétés modernes en souffrance, menacées de cataclysmes, par suite d'un défaut gênerai de corrélation entre le développement sans frein de la production monopolisée par notre régime capitaliste, et l'irrégulière et inégale répartition de la consommation, entre notre législation autoritaire, centralisatrice à outrance et nos tendances, nos aspirations libertaires et individualistes. Par conséquent, nous devons conclure que la véritable loi économique est la loi de solidarisation réciproque des facteurs économiques et que la véritable loi de l'org:rnisation économique d'une société est la solidarisation de la production et de la. consommation, c'est-à-dire Je solidarisme économique. Nous avons suffisamment montré le caractère solidaire, social de la morale, pour n'avoir pas à revenir ici, sur la loi de moralité qui constitue la condition même, le mode et la mesure des rapports et relations entre les membres d'une même société, pour que celle-ci soit viable. Par conséquent l'égoïsme, la morale de l'intérêt personnel, l'activité limitée à la zone individuelle, constituent autant de survivances ancestrales d'un état social 111férieurappelées à disparaitre avec les progrès de l'organisation sociale et morale, par la perception de plus en plus nette du véritable intétêt que les hommes ont à s'entr'aider, se secourir, s'aimer, eu un mot à fraterniser, au lieu de se diviser, de s'isoler et d'épuiser dans des luttes stériles et nui'sibles, une énergie qui pourrait si avantageusement être utilisée, dans une association pour la conquête de la Nature et d'une existence intégrale. Ce que nous avons dit de la genèse expérimentale de l'idée du bien et du mal, du juste et de \' injuste, uous permet de comprendre de même la formation des notions des droits et des devoirs, ainsi que l'origine contractuelle des lois et des divers modes de la propriété. Sous ce rapport Rousseau, et, à sa suite toute l'école française. n'avaient point tort de chercher dans le contrat social la signification première, la véritable source des lois et des droits, des prérogatives et des servitudes, de la propriété et de ses abus. A moins. en effet, de supposer que nos idées de droits et de devoirs, que nos lois et nos coutumes, que nos privilèges et nos injustices nous ont été octroyées par la Divinité avec la révélation, nous sommes bien obligés d'admettre que les hommes ont dù nécessairement se subir réciproquement, s'accorder de gré ou de force, se consentir de même des concessions ou des engagements, c'est-à-dire se reconnaitre, s'attribuer ou se proclamer des droits et des devoirs plus ou moins corrélativement, plus ou moins équitablement. Peu importent les particularités de chaque cas spécial ; que la propriété soit issue du vol, qu'elle procède du droit de conquête,
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