MOUVEMENT SOCIAL 2 37 et frémissant comme, aux grands jours d'émeute, et dans ce Paris, au Comiét central, organisant avec les autres socialistes la résistance. M. Carnot, auquel on ne songeait pas est sorti triomphateur de cette journée parlementaire .: 1ui a été pour tous la journée des dupes. (Rires.) Le Comité centr:il a été le Comité électoral de M. Carnot. (Rires). De cette barre au 110111du Comité, je me permets de donner à l'Elysée cette leçon de gratitude ..... Vous avez eu des sévérités pour les provocateurs, de vraies tendresses pour les propagateurs par le fait, - ce qui nous explique la fuite du mystérieux cambrioleur, complice .possible de Vaillant. Vous avez osé dire que les anarchistes devenaient tels à la lecture de quelques journaux socialistes. Ah ! ce n'est pas à cette lecture que s'allument les passions et les haines! C'est au spectacle de l'iniquité triomphante, des douleurs chaque jour accrues, des injustices volontaires. A-t-il besoin, dites, d'être excité par une lecture. celui qui, cond3111né apres votre réquisitoire à six mois de prison pour avoir volé un pain, voit respecté par votre justice les financiers véreux que je vous défie de poursuivre! Voilà ce qui crée:! les haines vivaces! Voilà l'histoire, monsieur; vous l'aviez oubliée, je vous la rappelle ... Et messieurs, je ne veux pas :iinsi finir. Je veux écarter les paroles de haine, de colere, de passion. Q\1'une seule se fasse entendre et qu'elle soit une parole de justice! Aujourd'hui la presse ministérielle guette votre verdict pour en faire une victoire ministérielle. Mais vous qui 2tes des citoyens indépendants et des magistrats libres. vous n'ètes pas ici pour recevoir les leçons <lu Conseil des ministres! Si vous en devez donner une, :iu'elle soit une leçon de sagesse et de prudence! C2.l1'aumilieu des clameurs des partis votre parole se fasse entendre calme et forte, fais311t descendre un peu de lumière d3ns les esprits et beaucoup de paix dans les consciences. Tentative de Thétitre social. - " Le Théâtre social aurait pour but de développer la thèse au Theâtre, d'y rendre l'idée maitresse, la pensée souveraine, et de lui donner une esthétique plus large dans la voie évolutrice ", nous écrivait le citoyen Saint-Just en nous convoquant avec toute la presse socialiste à une représentation au Théâtre d'Application de ses premières œuvres: Hcr111a1emt Dorothée, imitée de Gœthe, et La Cha1111iière. Dans la semaine qui suivit le spectacle du dimanche 28 janvier, notre collaborateur et ami Eugèue Fournière en a donné dans la Petite République une appréciation à laquelle nous nous rallions. Ajoutons cependant qu'il faut rendre hommage aux intentions d'un jeune auteur, si plein de promesses; il se rendra vite compte que les pièces où la thèse est visible ressemblent tr~p à du Sénèque mis en dialogues, et ne peuvent avoir qu'un succès d'estime. Le dénouement d' Hemrann rt Dorothée nous a déplu parce qu'injuste et inattendu à l'égard de la mère d'Hermann. Mais nous avons applaudi à la défense de l'union libre et à la peinture des souffrances
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