ÉCONOMISME, SOCIALISME ET SOLIDARISME logues chez les enfants. C'est ainsi que se multiplient et se perpétuent les familles pathologiques de nerveux et de détraqués, de dégénérés et d'idiots, de syphilitiques et de scrofuleux, d'alcooliques et de criminels_ de valétudinaires et de cacochymes. Mais ce n'est point seulement au pvint de vue de ces familles elles-mê;~~es que nous devons noter la signification de· la loi de l"hérédité dont elles sont les victimes, nous ne devons point en méconnaitre les conséquences sociales, communes, par la répercussion de ces foyers morbides sur la collectivité, sous le double rapport économique de la déperdition de force productive inutilisée et inutilisable et de dépenses d'assistance et de subsistance qui incombent à lacommunauté, sans oublier que ces individus, que ces familles malades constituent le milieu de prédilection où se développent, s' entretiennent et se multiplient les germes des maladies épidémiques et contagieuses, ce qui explique ce fait, en apparence paradoxal, que les progrès de la civilisation paraissent avoir pour conséquence une augmentation dans la morbidité; d'où il résu !te qu::: l'état social. c'est-à-dire la collectivité, la Commune, la Nation. ont intérêt à diminuer les faits d'hérédité morbide et les foyers de maladies, tant par une instruction appropriée, que par un mode d'assistance et de préservation, de plus en plus généralisé, de mieux en mieux socialisé. Il ne parait pas nécessaire d'insister pour établir l'enchainement et la dépendance de tous les facteurs sociaux dans le domaine économique (1). Toutefois, nous devons faire remarquer qu'il ne suffit pas de constater cette corrélation, ce déterminisme économique ; bien plus, ce n'est pas assez d'en montrer les conséquences et les répercussions sur les autres fonctions sociales et d'en conclure avec l'école socialiste que l'amélioration économique par la socialisation de la production et de la consommation devra entraîner à la suite l'amélioration mentale et morale de l'humanité. Ce qu'il faut surtout, c'est bien se pénétrer du caractère solidaire de tous les phénomènes sociaux, c'est comprendre que cette loi de solidarité que nous donnons comme la condition de toute l'évolution sociale, constitue bien effectivement le mode, la mesure dont doivent se correspondre, s'adapter, s'organiser les facteurs et les fonctions. De même qu'un corps physique ne peut exister individuellement sans une mutue!le solidarisation de ses parties composantes qui se trouvent ainsi unifiées, fusionnées, de même qu'un organisme physiologique ne peut vivre qu'à la condition d'un équilibre fonctionnel entre ses organes d'où résulte son unité biologique, sa vitalité propre·, ainsi une société ne peut se développer, subsister, qu'à la conditiun d'une moyenne d'équilibre entre ses facteurs, attendu que si l'un de (t) Les économistes ont été les premiers à proclamer la loi de solidarite dans le domaine économ_ique. La loi de la division du travail n'exprime pas autre chose. Voir Ch. Gide: Quatre écoles d'économie sociale, Genève 1890. - L'idée de solidarite en tant que programme èconomiqne, in Rev. intern. soeiol. 1893. 2
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