228 LA REVUE SOGIALISTE cédé le pas à la volonté d'un seul ou de quelques-uns, tend à redevenir souveraine avec le progrès de la démocratie, législation directe, referendum. De même pour le mariage. L'union matrimoniale retourne à ses origines. Ce n'est pas une répétition pure et simple; c'est un vrai progrès. Telle une spirale qui semble toujours revenir sur elle même, et qui, en fait, avance et monte. La _comparaison est de Goëthe. » L'A méi'ican Economie Association nous apporte, dans un de ses derniers fascicules, une monographie complète de 180 pages: « L'assistance publique en France ». C'est un historique complet de la question depuis les premiers temps du Moyen-Age jusqu'à nos jours. L'auteur, Emily Green Balch, termine son intéressante étude en comparant philosophiquement la charité privée ec la charité publique, li conclut à leur indispensable union. Poussant plus loin, et cherchant à déterminer le but de l'assistance publique en général, il dit: « Un système d'assistance publique doit être à l'épreuve de deux pierres de touche: premièrement, jusqu'à quel point l'assistance publique soulage-elle les souffrances existantes, telles quelles? - secondement, jusqu'à quel point augmente-t-elle ou diminue-t-elle le volume des souffrances qu'on peut raisonnablement prévenir? •> Qpestion de fait d'abord et de statistique; question de morale sociale ensuite. Examinant la France, à ces deux points de vue, l'auteur s'exprime ainsi sur le premier point : « Pour la Franee, la réponse au premier point n'est pas très satisfaisante. Il n'y a pas. en France, de garantie contre la souffrance extrême et sans espoir, Tout au plus, peut-on faire exception pour les enfants et les aliénés. Plus d'un tiers de la population française est sans aucune chance de secours publics. Une plus grande proportion encore est exclue de tout espoir d'entrer à l'hôpital ou à l'hospice. Hôpitaux et hospices sont distribués au hasard. Les exclus sont aussi nécessiteux que les élus. C'est l'arbitraire qui règne ». Ces critiques ne nous paraissent que trop justes. Sur le second point, la diminution ou l'extension probable du paupérisme en général, le tableau tracé est plus flatteur pour la France. « L'impression générale est que la France ne souffre pas autant que l'Angleterre du progrès de la paupérisation, cette malédiction ». L'auteur ne fait nullement honneur de cette sorte de prééminence à l'organisation de l'assistance publique en France, il vient d'en mettre à nu les lacunes. Il en trouve la cause dans les qualités natives ou acquises du Français, dans le point d'honneur qui pousse les Français à lutter par eux-mêmes jusqu'au bout, à pousser le travail et l'économie aux dernières limites des forces humaines. C'est là, dit-il, un trait de caractère du Français plutot qu'un résultat des conditions sociales. ccEn somme, et cet heureux trait de caractère mis à part, la France, conclut l'auteur, est Join de pos-
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