LA REVUE SOCIALISTE le compromis, dans le Parlement ou hors du Parlement, est par essence révolutionnaire. On s'est arrèté à ce débat sur la tactique parlementaire en Prusse, parce qu'en changeant ce qu'il faut changer, le même débat a lieu en France entre socialistes, en ce qui concerne certaines élections, les élections sénatoriales par exemple. Le libéralisme français donne de même lieu à des remarques analogues à celles que fait Max Schippel sur le libéralisme prussien. Dans \'avant-dernier Giornale degli économisti, une étude sur le marché monétaire. Elle passe en revue les principales nations européennes. On sait que l'Italie est très préoccupée de.cette question. L'auteur, après des statistiques qui ne peuvent trouver place ici, combat avec modération les préjugés pessimistes qui ont cours sur l'Italie, en France et ailleurs. V. Pareto continue la série de ses études sur ,<les fondements de l'économie politique pure>'. Reprenant les recherches de Cournot en France et de Walras en Suisse, il applique aux faits économiques les formules mathématiques. Les premiers chapitres du « Capital » de Marx étaient entrés dans la même voie. Ces considérations abstraites feront toujours le charme des professionnels; on sait du reste que ces spéculations sont loin d'ètre sans répercussion sur la pratique. C'est de l'économie politique pure, mais ce n'est pas un pur amusement de philosophe. F. Flora traite de <i la Doctrine de l'Etat et la philosophie politique contemporaine•>. Dans le troisième chapitre de son étude, il examine le « naturalisme politique •>. Il prend comme représentant de cette doctrine, avec des nuances qui caractérisent chacun; Marx en Allemagne, c'est le panthéisme matérialiste ; -Achille Loria en Italie, c'est la théorie de la causalité économique; - Spencer en Angleterre, c'est la théo~ rie de la causalité biologique. Il combat courtoisement ces conceptions, très vraies en un sens, mais trop étroites selon lui, en s'inspirant des travaux d' A. Fouillée en France. M. Fouillée, comme son maitre Leibniz, consacre depuis longtemps sa copieuse copie, si aimablement littéraire, tout en restant profondément philosophique, à concilier les contraires. à épuiser la série des moyens termes qui rejoignent les vérités opposées. Le naturalisme politique et économique peut s'expliquer de façon assez large pour offrir l'hospitalité à \'idéalisme en métaphysique et à la solidarité en morale. ,< Dans l'animal, dit A. Fouillée, cité par F. Flora, peut-on dire que la nature sacrifie les parties du tout? Le tout n'a-t-il pas pour but d'élever les parties à une vie supérieure. De même pour les espèces. Elles n'ont d'autres fins que le bien non d'un seul in-
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