220 LA REVUE SOCIALISTE Dans la séance du 20 janvier, M. Vigné a interpellé le ministre de l'intérieur. dans un langage élevé et distingué, au sujet de l'interdiction de jouer les Ames solitaires. Le ministre a répondu en lisant les extraits tronqués de lettres volées au traducteur M. Cohen, qui, dit-on, professe les doctrines anarchistes. Nous ne voyons guère ce que l'anarchie Yient faire là-dedans. La pièce elle-même ne traite point de ces questions brlÎlantes qui auraient pu exciter les passions de la foule. Nos patriotiques Compagnies de chemins de fer, qui récoltent des bénéfices en nuisant à l'industrie nationale, ont fait les frais de la discussion du 25 janvier 1894 relative à la concurrence des houilles étrangères. 11a été établi par M. Georges Graux que les tarifs de pénétration favorisent les produits étrangers dans le nord et dans l'ouest de la France. M. de Ramel a fait la même constation en ce qui concerne les houilles du Gard qui arrivent à Marseille grevées de frais de transpor.t considérables, de sorte, qu'à Marseille, on consomme 42 o/o de houilles anglaises. Le bassin de l'Aveyron se trouve dans une situation analogue. M. Maruéjouls a prouvé que dans le sud-ouest et dans le centre de la France des tarifs à rebours favorisent les marchandises et particulièrement les houilles anglaises au détriment des nôtres. Devant cette unamité, il n'y avait plus à douter de la mauvaise volonté des compagnies de chemin de fer. Une action énergique du gouvernement pouvait seule aboutir à quelques résultats sérieux : C'est ce qu'a demandé Pelletan, en déposant l'ordre du jour suivant : ,<La >> Chambre invite le ministre des travaux publics à faire adopter• par 1' les grandes compagnies pour les houilles un tarif égal et conforme » aux intérêts généraux du pays. » - Cet ordre du jour obtient la priorité: M. Pelletan annonce qu'il joint dans. sa rédaction les engrais aux houilles, afin de favoriser du même coup la production industrielle et la production agricole, Mais le Ministre des travaux publics, et ensuite le Président du conseil viennent détourner la Chambre de son devoir, en la retenant sur la pente où elle se laissait aller et qui l'aurait conduite à voter l'amendement Pelletan conforme à l'intérêt général et à ses désirs secrets. Il parait que la Chambre des députés aime a être brusquée et fouaillée : Elle est un peu comme certaine fille dont parle le poète Barbier : La fiIle de taverne La fille qui boit du vin bleu Ql1i veut dans son amant un bras qui la gouverne. Laissons-la à ses amours, en songeant qu'elle se discrédite déjà, qu'elle oublie trop souvent et son mandat encore tout frais et sa dignité, et que de l'avilissement de ce troupeau bêlant il n'y a que le parti socialiste qui profite. Signalons l'intéressante proposition récemment déposée sur le
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