La Revue socialiste - 1894 - Tome XIX- vol 01

218 LA REVUE SOCIALISTE LAQUESTIOSNOCIALE DEVANT LES CORPS ÉLUS La séance du 16 janvier 1894 a marqué un moment important dans l'évolution du parti socialiste en France. - La politique agraire du parti, question qui s'agite depuis longtemps dans les réflexions de nos chefs et dans les congrès de ces dernières années, semble s'exquisser et prendre une fort habile et fort heureuse tournure. Il est en effet nécessaire que la sollicitude de la démocratie socialiste s'étende aux travaîlleurs de la campagne, dont le sort est si souvent misérable. Ici comme dans d'autres ordres de phénomènes économiques le socialisme n'est pas, comme le disait Millerand dans sa conférence récente de Nîmes, enfermé dans une formule. Les formules infaillibles et les dogmes conviennent aux esprits mystiques ou déséquilibrés à qui plaisent les orthodoxies étroites et les mots cabalistiques. Nous avouons ingénùment que nous n'avons point trouvé de panacée universelle. Nous nous contentons d'étudier chaque catégorie particulière de phénomènes et nous cherchons les solutions applicables à chacune d'entre elles, en nous inspirant d'une seule pensée, qui nous parait ètre au fond de toutes les manifestations de l'esprit socialiste dans tous les temps et dans tous les pays; cette pensée, c'est la conviction qu'il faut faire cesser l'exploitation de l'homme par l'homme et supprimer le parasitisme social; c'est ce qui explique que nous soyons ici collectivistes et ailleurs défenseurs dévoués de la petite propriété. Le collectivisme résout le problème en ce qui touche la grande industrie. D'autre part, la défense de ce qui reste encore de la petite propriété rurale est au moins pour le moment une nécessité. Quand l'expropriation capitaliste aura dépossédé, à son tour, le petit propriétaire, alors d'autres solutions se présenteront.

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