t • ' L'ACTIVITÉ PARLEMENTAIRE Dans la seconde discussion du budget du département de l'intérieur, on examina en détail le vaste domaine des lois sur la protection et les assurances des ouvriers, en le soumettant à une critique sévère. La discussion sur les rapports des inspecteurs de fabrique amena la constatation d'un fait caractéristique regardant la <,bienveillance» du capitalisme emiers les ouvriers. Notre orateur constata qu'un employé de surveillance qui publiait dans une gazette ouvrière les heures où l'on pouvait lui parler avait été dénoncé aux autorités par une société d'entrepreneurs. Quoiqu'il soit concevable que les unions d'entre~ preneurs empêchent tout ce qui mettrait des bornes à leur rage d'exploitation, à leur ardeur de profiter des sueurs de l'ouvrier, on voit ici l'entente des dirigeants en politique sociale apparaitre sous un jour étrange, car la réponse du « Regierungs prresident >> dit qu'on a officiellement <<fait entendre raison » au susdit employé de surveillance. De tels cas ne sont pas rares. Les rapports annueis des inspecteurs 'de fabrique sont la preuve vivante de l'insuffisance des lois protectrices des ouvriers, et démontrent clairement avec quel raffinement et quelle bassesse les entrepreneurs savent souvent éluder leurs devoirs et fouler aux pieds les droits de l'ouvrier. Ensuite on parla en détail des arrangements faits soi-disant pour « le bien-ètre des ouvriers» par l'industrialisme moderne'. Nos orateurs firent voir ce qui en est de la sollicitude tant vantée pour les ouvriers ; ils prouvèrent que ces arrangements qui passent pour être faits pour le bien de l'ouvrier servent en réalité les intérêts matériels des patrons. Grâce à toutes ces combinaisons on attache l'ouvrier à sa place de travail. On lui accorde un semblant de profit, puis, lorsqu'il est lié par une propriété minime, il résiste d'autant moins à l'exploitation. On essaye de tromper le public en spéculant sur s:i bonne foi et son ignorance des choses du métier. Celui qui pénétre l'essence réelle de ces mesures soi-disant bienfaisantes, sait qu'elles ne sont faites que pour servir le capitalisme; que, loin d'améliorer la condition de l'ouvrier, elles l'asservissent encore plus à l'exploitation, en lui ôtant la liberté de ses mouvements. Les mesures pour le bjen de l'ouvrier sont un Jeurre d'autant plus répugnant qu'il cache la cupidité sous le masque de l'humanité. Les rapports annuels des inspecteurs de métiers parlent des mesures de protection fixées par la loi, d'une manière qui nous donna l'occasion de faire remarquer avec quelle légèreté l'entrepreneur de travaux se joue souvent de la vie et de la· santé de ses ouvriers. Ces rapports, qui tendent presque tous à représenter les conditions de salaire et d'existence des ouvriers de la manière .la plus favorable, serviront à prouv~r l'insuffisance des mesures protectrices dans beau• coup de fabriques et d'entreprises industrielles, et à constater là aussi
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